Emploi : V. Lurel officialise la mission ultramarine de P. Lebreton

L’emploi et le chômage endémique des territoires ultramarins préoccupent Victorin Lurel. Hier, le ministre des Outre-Mer s’est penché sur ce dossier sensible. Pour la deuxième fois en quelques mois, il s’est rendu dans le Sud sauvage, du côté de Saint-Joseph, fief socialiste du député-maire Patrick Lebreton, afin d’officialiser la mission "emploi" que le gouvernement a décidé de confier au parlementaire Réunionnais.
Concrètement, Patrick Lebreton est dorénavant mandaté pour ‘’identifier les moyens permettant aux ultramarins de profiter au mieux des emplois créés dans les outre-mer’’. C’est ainsi que sont formulées les choses dans la lettre que Jean-Marc Ayrault a récemment fait parvenir au député-maire de Saint-Joseph et dans laquelle le Premier Ministre assure que le député socialiste bénéficiera de "l’appui technique" d’une bonne dizaine de ministères, dont ceux des Outre-mer et de l’emploi.
Une mission qui concerne le secteur public et le secteur privé
Les conclusions de cette mission sont attendues au début du mois de septembre. D’ici là, Patrick Lebreton aura donc du pain sur la planche. L’élu réunionnais prend d’ailleurs cette tâche très a cœur et promet qu’il ne se contentera pas "d’apposer son paraphe sur un document livré clé en main par un haut fonctionnaire de l’Etat". Au contraire, il entend s’investir pleinement et ‘’élaborer des propositions simples, lisibles mais surtout opérationnelles et utiles’’.
"Cette mission portera sur le secteur public et le secteur privé" rappelle Victorin Lurel. Pour l’emploi public, il s’agira notamment de formuler des propositions permettant d’améliorer l’accès des ultramarins à la fonction publique mais aussi d’identifier les pistes d’une meilleure prise en compte des souhaits de mobilité exprimés par les fonctionnaires ultramarins en poste hors du territoire.
A ce sujet, le député-maire de Saint-Joseph n’a pas manqué de tacler Nicolas Sarkozy qui de son point de vue, est responsable "des désordres nés de la réforme initiée en 2002" dans la police. Pour Patrick Lebreton, le ministre de l’intérieur de l’époque avait fait une erreur en privilégiant l’ancienneté dans la fonction publique plutôt que l’ancienneté dans la demande. "Cette mauvaise réforme a cruellement repoussé chez de nombreux fonctionnaires de police, les perspectives de retour au pays" souligne-t-il.
Dans les prochains mois, l’élu réunionnais devra aussi se pencher sur l’emploi dans le secteur privé marchand et non marchand afin notamment de faciliter l’accès des jeunes ultramarins aux opportunités que présente le marché du travail local.
Pour Victorin Lurel, "il n’y a pas de fatalité au chômage". La ministre des Outre-mer a toutefois bien conscience que le travail confié à l’élu réunionnais sera complexe, en particulier en raison des principes fondamentaux qui régissent la fonction publique mais aussi du fait "des contraintes européennes" en matière de travail et de libre circulation des personnes. Cette mission s’annonce donc particulièrement ardue mais pas impossible pour Patrick Lebreton qui l’a acceptée…


