Emmanuel Séraphin : "Il ne faut pas avoir à rougir de nos projets"

Ce salon des professionnels de l'immobilier existe depuis une vingtaine d'années. C'est la première fois que La Réunion y participe. Qu'est-ce qui vous a poussé à venir ici ?
Emmanuel Séraphin, président du Territoire de l'Ouest : On est venu ici pour représenter ce qu'on sait faire à La Réunion, avec le Club Immobilier. Eux, ils représentent les constructeurs, les aménageurs privés qui travaillent aux côtés des collectivités publiques. Et nous, notre projet d'éco-cité, insulaire et tropicale. Il vise à construire 35.000 logements entre La Possession, le Port, Saint-Paul. Et plus de 35.000 mètres carrés de surface de bureaux. L'idée, c'est d'aménager tout cet espace de manière durable.
Ce label "éco-cité" nous impose de l'innovation, des procédés constructifs différents. C'est important que les collectivités de La Réunion qui ont des grands projets viennent se montrer. Il ne faut pas avoir à rougir de nos projets et se confronter aux autres régions nationales, montrer notre savoir-faire. Ce projet est l'un des plus grands au niveau national en termes de superficie et d'investissements.
Dans les allées du salon, il y a pleins d'autres projets présentés. Comment vous comptez vous démarquer des autres ?
Le fait d'être insulaire et tropical, c'est notre spécificité. Avec le changement climatique, il y a des régions qui se posent des questions, elles se demandent comment s'adapter à cette transition écologique. Et La Réunion, pour une fois, est en avance sur ces procédés constructifs. Les îlots de fraicheur, les énergies, les substrats au niveau des terres fertiles... on travaille beaucoup là-dessus, on a avancé à ce niveau-là.
Le sud de la France, par exemple, se tropicalise de plus en plus. Donc les procédés constructifs que l'on met en œuvre à La Réunion peuvent aussi intéresser d'autres régions, au niveau national.
Mais il faut être modeste, il y a aussi des choses qui se font ici qui nous intéressent. Je pense par exemple à la construction en matériau en bois qu'on pourrait adapter à La Réunion.
Ce salon dure trois jours. Les premiers échanges avec les professionnels nationaux du secteur sont constructifs ?
On a besoin d'investisseurs qui accompagnent les opérateurs réunionnais. On les a rencontrés. Il y a des rencontres avec des grands groupes qui peuvent nous permettre de déclencher un certain nombre de financements. Et à l'inverse, nous-mêmes, tenter d'obtenir des parts de marché avec nos opérateurs présents ici pour entrer dans des projets nationaux.
Il y a des grands groupes internationaux qui sont intéressés pour investir dans des établissements hôteliers à La Réunion. Ça peut permettre d'offrir un réseau à nos hôtels, pour que l'île ait sa place au niveau du tourisme international.
Une éco-cité, concrètement, qu'est-ce que c'est ?
C'est construire la ville de demain, de manière durable et en prenant en compte la transition écologique, anticiper les changements climatiques. C'est une éco-cité insulaire et tropicale, je le disais, mais aussi créole. On veut que notre histoire, notre savoir-faire puisse se retrouver dans le bâti. Ce sont aussi les gênes qu'on souhaite transmettre aux bâtisseurs. Il faut que les habitants qui emménageront dans cette éco-cité se reconnaissent dans ce projet.
C'est un projet dont on parle depuis longtemps, quand est-ce qu'il verra le jour ?
Il y a déjà des immeubles construits à La Possession, il y a des mises en chantier déjà prévues au Port d'ici à un an ou deux, à Saint-Paul il y a l'espace Cambaie Oméga ou un pôle loisirs est déjà validé. Le projet le plus emblématique, c'est le rond Oméga où tout le monde a envie de voir ces aménagements sortir de terre. Ce le sera d'ici à deux ans.
À La Réunion, il y a toujours la problématique de l'emploi. Est-ce que ce grand projet va être générateur de travail pour les Réunionnais ?
Évidemment ! Vous savez, quand on construit un logement, c'est 2 à 3 emplois qui sont générés. Dans les zones d'activités économiques, il y a plus de 47.000 mètres carrés de surface en attente. Ce sont donc des entreprises qui attendent de se développer. Une fois que ces surfaces seront construites, on sait que l'emploi sera au rendez-vous.


