Emergence Réunion : “80 millions d’euros de la LBU toujours inutilisés”

Emergence Réunion se veut sans concession avec la politique actuelle. Son constat n’épargne personne. “Les éléments pour fabriquer un cocktail Molotov, sont là”. Serge Camatchy enfonce le clou : “Nous sommes dans une crise sociale sans précédent”.
Emergence Réunion pointe du doigt les élus de tous bords et l’Etat. “A chaque fois, les décideurs se trompent de débat. C’est le cas avec les Etats généraux. A ce jour, ils n’ont servi qu’à dire si oui ou non il fallait faire l’Assemblée unique. Les Réunionnais en situation sociale précaire, en besoin de logement, de travail et de manger…”
Marius Patchiapin (délégué arrondissement Est), Jacky Grondin (Sud), Alain Puel (Nord), Serge Camatchy, délégué départemental, et les membres d’Emergence Réunion, “mouvement créé pour travailler sur un autre modèle de développement pour notre île”, ont proposé ce matin des “réponses immédiates aux attentes des Réunionnais”.
"Si les mairies ne font rien, c’est au préfet de les solliciter"
“C’est possible au moins sur les deux points suivants : le logement et la formation. En matière d’habitat, nous avons la possibilité d’actionner trois leviers, sachant que chaque logement construit crée deux emplois. L’utilisation du foncier disponible à mi-pente rend également possible le maintien de la tradition créole : la case à terre”.
Selon Emergence Réunion, les 80 à 90 millions d’euros de LBU (Ligne budgétaire unique) permettent d’enclencher rapidement une programmation. Le mouvement initié par Serge Camatchy, néglige le fait que c’est à chaque municipalité de lancer des opérations de construction de logement.
“Pas du tout. Mais si les mairies ne font rien, c’est au préfet de les solliciter”. Selon les responsables d’Emergence Réunion, c’est également à la Préfecture de reprendre en main la mise en place d’une vraie politique globale et efficace de formation.
Reprendre une formule qui marche
“C’est ce qui a été fait en 1998 et 2004”. Serge Camatchy, délégué départemental d’Emergence Réunion, était le premier vice-président du Conseil général. “Nous avions regroupé l’ensemble des partenaires : les chambres consulaires, les missions locales, la DDTE, l’ANPE et les entreprises entre autres, au sein d’un Comité départemental d’évaluation de la formation”.
“Sous la direction du préfet de l’époque, Gonthier Friederici, nous faisions régulièrement le point pour savoir quelles étaient les offres de formation des entreprises et ensuite les ventiler. Qu’est-ce qui nous empêche aujourd’hui de reprendre une formule qui marche ?”
Emergence Réunion attend désormais la position des élus et des décideurs à ses propositions.


