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Élection de David Lorion à la CIVIS : un tremplin pour 2026 ?

Ecrit par S.I. – le vendredi 25 avril 2025 à 18H24

L’élection de David Lorion à la présidence de la CIVIS consacre non seulement une continuité politique dans le Sud mais pourrait aussi marquer le début d’une nouvelle phase stratégique en vue des municipales de 2026. Derrière le consensus apparent, cette désignation s’inscrit dans une logique de positionnement, où chaque maire cherche à renforcer son ancrage local et régional.

L’élection de David Lorion s’est faite sans contestation, à l’unanimité des maires membres de l’intercommunalité. Cette absence de rivalité ouverte témoigne d’un équilibre politique habilement maintenu dans le Sud, héritage de Michel Fontaine, figure centrale de cette coalition sudiste. En acceptant que David Lorion cumule les fonctions de maire de Saint-Pierre et de président de la CIVIS, les autres édiles valident un leadership local tout en conservant leurs prérogatives. Une répartition qui apaise les tensions… pour l’instant.

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Mais derrière cette unité affichée, chaque acteur affine déjà ses cartes pour 2026. Car la gouvernance intercommunale reste un levier puissant : elle offre visibilité, contrôle sur des budgets conséquents, et influence sur des dossiers structurants (mobilité, aménagement, développement économique). Autant d’atouts pour consolider une stature politique en vue des prochaines échéances électorales.

David Lorion, un président en quête de stature

Jusqu’alors dans l’ombre tutélaire de Michel Fontaine, David Lorion prend pleinement la lumière avec cette présidence. Le maire de Saint-Pierre, battu à deux reprises par Emeline K/Bidi lors des deux dernières législatives, se concentre désormais sur son fief et sa visibilité locale. La présidence de la CIVIS lui donne désormais l’envergure nécessaire pour affirmer une autorité mais aussi pour rassembler, à moyen terme, au-delà de sa commune.

C’est aussi un test politique : sera-t-il capable d’incarner une nouvelle figure du Sud, de fédérer les maires sans le poids historique de Michel Fontaine ? Réussir cette présidence pourrait faire de lui un pilier incontournable pour 2026, que ce soit à Saint-Pierre ou dans une ambition élargie au plan régional.

Les autres maires ne sont pas inactifs. Juliana M’Doihoma à Saint-Louis, tout en gardant son poste de première vice-présidente, poursuit sa stratégie de légitimation et de stabilisation après un mandat chahuté. Jacques Técher, à Cilaos, et Éric Ferrère, aux Avirons, sont quant à eux solidement implantés localement et confortés par une assise électorale stable. Serge Hoareau, toujours bien installé à Petite-Île et président de l'Association des maires, reste un acteur discret mais influent, tandis que Mathieu Hoarau à L’Étang-Salé cherche à se construire une stature au-delà de sa commune.

Dans ce paysage sudiste en recomposition, David Lorion appelle à une méthode de gouvernance fondée sur la concertation. "La méthode de travail va donc être un peu nouvelle", a-t-il déclaré lors de son premier discours en tant que président de la CIVIS. "Chacune des décisions va être prise avec une concertation préalable, bien avant la validation au sein du Conseil communautaire. Une concertation basée sur la confiance mutuelle […] dans un cadre qui est celui de la coopération intercommunale. Et la coopération intercommunale, ce n’est nullement politique", a-t-il insisté.

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Si le consensus fonctionne aujourd’hui, les équilibres pourraient être fragilisés à l’approche des élections municipales. Le moindre signe d’hégémonie ou d’autoritarisme dans la gestion de la CIVIS pourrait rallumer les rivalités latentes.

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En ligne de mire : 2026

L’élection de David Lorion à la présidence de la CIVIS consolide son statut de leader politique dans le Sud de La Réunion, dans la droite ligne de Michel Fontaine. Son expérience, son ancrage local, et le soutien de sa majorité en font un favori pour les municipales de 2026 à Saint-Pierre. Cependant, il devra relever plusieurs défis : se démarquer de l’héritage de Michel Fontaine, contrer la montée d’Emeline K’Bidi, et répondre aux attentes des électeurs sur des enjeux socio-économiques. 

Avec moins d’un an pour faire ses preuves, David Lorion devra conjuguer continuité et innovation pour transformer sa légitimité actuelle en victoire électorale en 2026. Les mois à venir seront cruciaux pour observer comment il façonne son leadership et mobilise son électorat face à une opposition de plus en plus offensive.

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