Du déchet à l'électricité...

"Nos déchets d'aujourd'hui, un potentiel d'énergie pour demain..." c'est le slogan utilisé par la C.I.VI.S (Communauté intercommunale des villes solidaires). Depuis près de trois mois, cette communauté des communes peut se vanter d'être un pôle du développement durable dans le département. Son unité de valorisation énergétique du biogaz de la Rivière Saint-Etienne (Saint-Pierre) contribue, en effet, à donner aux déchets une nouvelle vie.
Inscrits dans une démarche de développement durable, la CIVIS, l'entreprise GRS Valtech et d'autres partenaires (Veolia, EDF, DDE, DRIRE, ADEME, UE, ...) ont mis en place un processus de valorisation des déchets peu commun. Dès la fin de l'année dernière, une centrale de valorisation du biogaz sort de terre. Après avoir récupéré les gaz issus des déchets non dangereux de la Rivière Saint-Etienne, cette centrale réinjecte ces gaz, à fort pouvoir énergétique, dans des groupes qui les modifient en électricité et en chaleur.
D'après les projections, cette ressource devrait occasionner une production importante d'énergie renouvelable pour le Sud. La production d'électricité qui sera réinjectée sur le réseau public de distribution permettra l'alimentation de 2.800 foyers, ce qui représente 0,5% de la production électrique réunionnaise.
Le biogaz est le résultat de la dégradation de la matière organique en absence d'oxygène (anaérobiose). Comprenant entre 50 et 65% de méthane, entre 35 et 40% de gaz carbonique et d'autres gaz à l'état de traces, le biogaz provient des déchets qui ne peuvent être recyclés. Après être sortis du centre de tri de Saint-Pierre Pierrefonds, ces déchets sont envoyés vers l'ISDND pour être enfouis et revalorisés.
L'énergie thermique n'est pas oubliée : 6.600 m3 par an de lixiviats (fraction liquide produite par les déchets) sont traités par évaporation. C'est le principe de la cogénération (production simultanée d'électricité et et de chaleur) qui est employé. Le bénéfice environnemental attendu sera important : 12.400 tonnes de CO2 ne seront plus émises dans l'atmosphère au maximum de la production, soit 22.338 MWh/an. La CIVIS considère que cette centrale devrait avoir assez de puissance pour alimenter en électricité une commune comme Cilaos.
"+ Ecolo, - d'impôts"
L'entreprise GRS Valtech (Philippe Samat), achètera le biogaz que dégage l'ISDND, une véritable aubaine pour la CIVIS. Dès cette année, c'est une recette équivalente à 500.000 € qui sera perçue par la communauté des communes (Cilaos, Etang-Salé, Petite-Île, Saint-Louis et Saint-Pierre), ce qui correspond à 3% de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) payée par les habitants des villes concernées. Cette recette devrait être perçue sur quinze années. C'est donc une ressource écologique et économique "solide" pour la CIVIS et pour l'ensemble de ses communes.
Au final, les déchets non recyclés sont en première ligne pour produire de l'énergie électrique et thermique pour les populations du Sud. La démarche technique de la CIVIS en matière écologique et énergétique devrait logiquement participer à la "diminution des énergies fossiles et des émissions de gaz à effet de serre" : un pas de plus vers Gerri 2030. Toutefois, si des avantages non négligeables existent au niveau écologique, les rejets de dioxyde de carbone de la centrale biogaz restent bien réels...


