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Divorce ou séparation, il est temps de parler de la souffrance des hommes

La drame qui s’est déroulé dans la nuit de dimanche à lundi, à Basse-Vallée Saint-Philippe, aurait-il pu être évité ? Aurait-on pu empêcher cet homme de tuer son bébé de sept mois et de se donner ensuite la mort ? La seule réponse réaliste à ces interrogations : il faut éviter que ça se reproduise.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 4 août 2009 à 07H42

Les pleurs de cette femme en direct sur Radio Freedom, lundi matin, réclamant son bébé de sept mois que le père n’a pas ramené dimanche à l’heure prévue, résonneront sans doute longtemps dans la tête des auditeurs à l’écoute.

Malheureusement, des pères qui tuent leur enfant avant de se donner la mort, il y en a eu plusieurs cas à La Réunion ces dernières années. Souvenez-vous de cet atroce faits-divers survenu à la Plaine des Palmistes dans les années 90. Un homme en phase de rupture conjugale et en proie à des difficultés financières, s’était suicidé. Il avait entrainé ses deux enfants dans la mort.

Quelques années plus tard à Saint-André, un homme d’une vingtaine d’années n’avait pas accepté la séparation imposée par sa concubine. Celle-ci, mère d’une fillette, avait découvert que son conjoint était son demi-frère. Le concubin a assassiné la femme et la gamine par balles. Il a utilisé le même fusil pour se suicider.

Récemment, un père qui n’acceptait pas l’idée de la séparation, a noyé son fils puis s’est donné la mort.

Ce week-end, un autre papa a décidé de tuer son enfant, puis a mis fin à ses jours par le feu, à Basse-Vallée Saint-Philippe.

Ce nouveau drame a encore bouleversé La Réunion.

L’enfant est innocent

A la diffusion de cette information hier, notre première réaction a sans doute été : “Pourquoi avoir tué ce bébé de sept mois ?” C’est peut-être du cynisme mais nombre d’entre nous ont dû ajouter : “S’il voulait mourir, il n’avait qu’à mourir tout seul. Un enfant est innocent, il n’a rien demandé, il n’a rien à voir dans la séparation de ses parents”...

Une question tout de même et soyons honnête jusqu’au bout : “Combien d’entre nous se sont interrogés sur les raisons qui ont conduit le père à ce geste irréversible ? Et après avoir pris connaissance de l’information, il nous a fallu combien de temps pour tenter d’expliquer (et non justifier) le geste du père ?”

Quelles que soient les réponses, un constat s’impose : à chaque fois que ce genre de drame se produit, c’est un échec cuisant de notre système judiciaire et juridique, et de notre société.

Notre système judiciaire et juridique est devenu sexiste donc inégal. Dans un couple qui se sépare l’homme est présumé “coupable” avant même d’être jugé, et ce quelle que soit la situation.

La loi donne un avantage à la femme

Le droit coutumier a évolué essentiellement en faveur de la femme : en cas de divorce, elle a de manière systématique la garde des enfants. Et tout ce que la société met à sa disposition pour élever et éduquer “ses” enfants : maison, pension alimentaire, allocations familiales…

La société n’a eu de cesse d’émanciper et de protéger la femme, et instaurer ainsi l’égalité des sexes. C’était l’objectif. Cette bonne intention a créé d’autres déséquilibres. En matière de violences conjugales, seules celles perpétrées par l’homme sont dénoncées.

Si la maltraitance des enfants et les violences faites aux femmes font souvent la Une des journaux, rares sont les articles ou reportages qui parlent des hommes battus. “Ils ne veulent pas s’exprimer”, déplore Patrick Savatier, porte-parole de Papa momon lé la. Tous cachent leur “déshonneur” entre les murs de leur souffrance.

La lutte tout à fait justifiée contre les violences faites aux femmes a aussi des effets pervers. Certaines femmes abusent de cette situation qui a tourné en leur faveur. “Il y a les victimes et il y a les menteuses”, avait dit Patrick Savatier sur notre site. Entre fausses déclarations, rétractation et épilogue sanglant ou meurtrier, les forces de l’ordre ont parfois du mal à établir la vérité.

Le système a failli

Aujourd’hui, certains hommes déposent rapidement les armes, lorsqu’ils se rendent compte que leur conjoint tente sciemment, de les pousser à bout, quitte à user et à abuser du chantage du sexe. Ce schéma se confirme aussi au moment de la séparation ou du divorce, même si ce n’est pas une généralité.

“J’ai crié, j’ai pleuré plusieurs mois avant qu’on ne se sépare”, déclare Didier, 50 ans, père de trois grandes filles. Gilbert, 45 ans, a tenté de mettre fin à ses jours, les pompiers sont intervenus à temps. Yves, 47 ans, a eu la même idée. “J’étais tout seul dans notre grande maison à Plaine des Palmistes. Sans la présence de mon chien qu’elle m’a laissé, je crois que je serais passé à l’acte”.

A cette grande douleur s’ajoute l’indicible souffrance ne plus voir ses enfants. Pierre Royer et Bernard Barsamian mènent depuis des années un combat exceptionnel en ce sens. Le premier est privé de son autorité parentale, le second, ne voit plus ses enfants, même lors des week-ends qui lui sont réservés, comme c’est écrit dans le document de divorce.

Bernard Barsamian a été privé des enfants plusieurs week-ends consécutifs. La justice n’est jamais intervenue en sa faveur.

“Personne ne parle de notre souffrance, personne ne veut entendre nos pleurs et nos cris de douleur”. Notre système a donc failli. Notre société est devenue sourde et aveugle à ce mal-être des conjoints, des maris et des pères. Au moment de la séparation, beaucoup d’hommes sont dans une impasse, surtout dans leurs relations affectives avec leur(s) enfant(s).

Une impasse qui conduit parfois malheureusement à une issue fatale…

 

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