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Deux mules avec de la cocaïne sous les pieds et dans le ventre

Ecrit par Eric Lainé – le samedi 27 septembre 2025 à 17H11

En début de semaine, les douaniers ont intercepté deux très jeunes mules qui transportaient 657 grammes de cocaïne pour une valeur marchande de près de 100.000 euros à la revente. Elles ont été incarcérées à Domenjod en attendant leur procès à la mi-novembre.

Deux nouvelles mules ont été appréhendées par les douaniers à leur arrivée à l’aéroport Roland Garros, lundi dernier. Toutes deux sont guadeloupéennes, originaires des Abymes et seulement âgées de 18 et de 19 ans. Des gamines que les donneurs d’ordre ont recruté par le biais du réseau social Snapchat, leur proposant un gain de 3.000 euros chacune si elles acceptaient de quitter les Antilles pour rallier Paris avant de reprendre l’avion pour La Réunion. Ici, un inconnu devait les joindre pour récupérer la marchandise, de la cocaïne.

Un type a confié à Naelle N., 19 ans, un boudin de cocaïne de 278 grammes qu’elle se devait de transporter in corpore. De la bonne puisque pure à 80%. Une fois la poudre ingérée, il l’a conduite à l’aéroport de Pointe-à-Pitre. Direction Paris puis La Réunion donc.

319 grammes dans les semelles des baskets

Mais l’apprentie coiffeuse n’était pas seule à faire le voyage. Une autre jeune fille, Raïssa O., 18 ans, s’est fait remettre une paire de baskets avant de monter dans l’avion à Pointe-à-Pitre. Dans les semelles, le trafiquant avait dissimulé 319 grammes de cocaïne avec un degré de pureté compris dans une fourchette de 76 à 78%. Sachant que la poudre revendue aux consommateurs réunionnais est fortement recoupée, les dealers ont un joli bénéfice à se faire. Les douanes ont estimé les 657 grammes que les deux mules ont passé dans une fourchette comprise entre 60.000 et près de 100.000 euros, selon que le prix retenu est celui à l’achat ou à la revente.

Interrogées par les policiers, les deux jeunes mules se sont montrées peu loquaces, ignorant les identités des commanditaires et des intermédiaires du trafic.  Raïssa O., sans emploi depuis qu’elle a cessé de travailler dans une entreprise de pompes funèbres pour 500 euros le mois, a varié dans ses explications avant d’annoncer qu’elle allait livrer le nom de son recruteur.

Recrutée par un certain… « Oui-Oui »

Mais les enquêteurs ont vite déchanté quand elle a balancé un certain « Oui-Oui ». Un nom bien connu des petits et des grands puisque ce personnage fictif, apparu en France au début des années 60, est un célèbre chauffeur de taxi et livreur qui continue de remporter un franc succès, passé des livres pour enfants aux séries d’animation. Inutile de dire que cet alias n’a pas permis aux policiers de remonter la filière. De la même façon, ils ont fait chou blanc en explorant les téléphones portables et le compte bancaire des deux pauvres mules.

Le procès des deux suspectes a finalement été reporté à la mi-novembre, à la demande de l’une d’elle. En attendant, le parquet de Saint-Denis a requis leur maintien sous mandat de dépôt. Une mesure coercitive à laquelle les juges ont fait droit, sachant qu’il y avait un risque de récidive et qu’elles n’ont pas de famille à La Réunion. Toutes deux ont donc rejoint le quartier surpeuplé des femmes de la prison de Domenjod où elles sont parfois une demi-douzaine à s’entasser dans une même cellule.

Etiquettes : Justice | Trafic de drogue

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