Dettes, vols, travaux illégaux : la chute d’un agriculteur à plus de 300.000 euros d’endettement

Accablé par les dettes, fragilisé par des vols à répétition et une situation personnelle difficile, Jean-Pierre a sombré avec son exploitation agricole. Devant le tribunal, l’ancien exploitant est venu demander un allègement d’une astreinte qui l’a conduit au bord de la rupture.
Sur ses terres de Bassin Plat, Jean-Pierre cultivait autrefois la canne et le maraîchage sur près de quatre hectares. Mais les factures s’empilent vites. À ces contraintes économiques s’ajoutent des vols réguliers sur son exploitation, qui fragilisent encore davantage son activité. Pour tenter de sécuriser son matériel, l’agriculteur entreprend la construction d’un hangar sur son terrain, avant de le transformer en lieu d’habitation.
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Des travaux réalisés sans autorisation qui lui valent une condamnation et une astreinte financière. Une charge supplémentaire dans une situation déjà critique. Endetté, il perd progressivement pied. Sa dette fiscale atteint alors les 200.000 euros quand il trouve enfin le courage de demander de l'aide à sa fille.
Une dette devenue insoutenable
Ce jeudi, devant le tribunal, l’ancien agriculteur demande la liquidation ou du moins l'allégement de l’astreinte fixée à 200 euros par jour. Entre-temps, sa dette fiscale a grimpé jusqu’à plus de 320.000 euros.
“Il est englué dans cette dette professionnelle au point de cesser son activité”, fait valoir son avocat. Désormais au RSA, Jean-Pierre a dû louer ses terres à un jeune agriculteur. Il ne perçoit plus que 8.000 euros de revenus annuels et a demandé sa radiation en tant qu’agriculteur.
Face aux juges, il exprime son envie de relever la tête. “Si on me dispense de cette charge sur les épaules, je vais essayer de me reconstruire”, assure-t-il au juge.
Une décision qui allège le fardeau
À l’issue de l’audience, le tribunal accède en grande partie à sa demande. L’astreinte est ramenée à 2.000 euros, entraînant un quasi-effacement de sa dette, tout en permettant de “donner sens à la peine”.
À sa sortie, Jean-Pierre, submergé par l’émotion, mesure le chemin qu’il lui reste à parcourir. “Ma maison et mon terrain sont toujours hypothéqués par la banque.” Sa plus grande crainte demeure la perte de ce bien, qu’il souhaite préserver pour ses enfants, dont sa fille, présente à ses côtés lors de l’audience.


