"Des opportunités", "des gens ouverts", "une communauté intégrée" : à Toulouse, ces Réunionnais ont trouvé leur "ville de cœur"

[La Réunion reliée à Toulouse 2/3] Offre de formation, opportunités professionnelles, qualité de vie et forte présence de compatriotes, de nombreux Réunionnais ont choisi de poser leurs valises dans une ville rose très attractive. Et voient d’un bon œil la remise en service d’une ligne aérienne directe.
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Avec ses dreadlocks, sa carcasse imposante et son franc sourire, c’est sous le ti nom gâté de « Doudou » que Fabrice Bègue, 38 ans, est connu comme le loup blanc dans la communauté réunionnaise du pays toulousain. Arrivé dans la ville rose il y a presque 20 ans, ce dynamique entrepreneur et acteur associatif y a fait son nid sans jamais oublier ses origines et sa culture.
D’abord venu pour suivre ses études et faire des essais sportifs, ce champion universitaire de basket originaire de Sainte-Marie s’est réorienté vers le tourisme après avoir dû être opéré du dos. « J’ai toujours eu pour objectif de revenir à La Réunion, mais d’abord je voulais acquérir un bagage et de l’expérience » explique celui qui a bénéficié des soutiens de la Région Réunion et du Département pour financer ses études à Toulouse.
Aider les Réunionnais qui veulent s’installer
Diplômes en poche, il intègre rapidement des tour-opérateurs et agence de voyage, où il sera notamment chargé de l’accompagnement des bénéficiaires des dispositifs d’aide à la mobilité ultramarine de LADOM, puis tiendra la conciergerie d’une célèbre agence de voyage.
« Mais avec 16 ans d’expérience, je me suis dit qu’il était temps de travailler pour moi », raconte Fabrice Bègue. Il s’associe ainsi avec la fondatrice réunionnaise de l’agence Amore Mundo, qui a des bureaux à Toulouse mais aussi à Saint-Pierre, à La Réunion, et qui organise des séjours pour une clientèle « discrète » de La Réunion tout en « aidant les Réunionnais qui veulent s’installer à Toulouse ».
"Une communauté intégrée sans déracinement"
« ll y a bien sûr beaucoup d’étudiants, mais aussi de plus en plus de familles qui viennent ici », constate-t-il. « Parce qu’il y a beaucoup d’offre culturelle, mais aussi parce que la communauté réunionnaise s’y est intégrée sans déracinement », souligne « Doudou ».
« Il y avait de nombreuses associations qui se sont arrêtées parce que leurs animateurs, à l’âge de la retraite, sont rentrés au pays. Mais d’autres prennent la relève pour fédérer les Créoles ici, mais aussi plus largement la communauté de l’océan Indien », explique-t-il. Avec l’association Culture Vavangue, certains font même des recherches généalogiques pour remonter à leurs origines réunionnaises.
"Beaucoup d’opportunités en valorisant notre culture"
En parallèle, Fabrice a lancé il y a deux ans une société d’événementiel. Avec une coloration culinaire à ses animations puisqu’il propose des services de traiteur, comme il l’a fait récemment pour un concert de Cyprien, le dernier candidat réunionnais de The Voice. Rougail saucisses sur feuille banane, samoussas, bonbons piment et fruits tropicaux importés de La Réunion « en 48 heures » viennent égayer ses « brunch des îles », « piscines party » ou « box Coupe du monde » de saveurs péi.
« Il y a beaucoup d’opportunités pour les Réunionnais en Occitanie en valorisant notre culture : dans le rhum, la gastronomie ou les nombreuses manifestations culturelles », assure Fabrice Bègue.
Aussi voit-il d’un bon œil le retour d’une ligne aérienne directe entre La Réunion et Toulouse. D’abord, évidemment, pour le côté affinitaire. « Mes parents sont venus avec et ils ont bien apprécié. L’escale à Marseille, ils m’ont dit que c’était comme un arrêt de bus », plaisante-t-il.
"Les Réunionnais vont kiffer Toulouse"
Mais cet infatigable entrepreneur voit aussi les nombreuses opportunités pour un tourisme réunionnais. « Même s'il n'y a pas la mer, il y a la nature, le côté "énergétique" comme à La Réunion, les pèlerinages religieux comme Lourdes, la possibilité d’aller skier l’hiver, de faire du shopping en Andorre, les gros festivals comme le Spring break, les carnavals, la riche gastronomie locale… Les Réunionnais vont kiffer Toulouse ! », assure Doudou.

Ce n’est pas Isac Rébéca, 31 ans, qui va le contredire. Originaire de Rivière-des-Pluies à Sainte-Marie, le jeune homme s’est réinstallé à Toulouse en 2019 après des expériences au Canada, à Montpellier ou Carcassonne, et y a trouvé sa « ville de cœur ». Après une reconversion, il travaille désormais comme boucher sur le réputé marché Victor-Hugo. « Les gens ici sont cools, ouverts d’esprit, le coin est beau avec les montagnes et les lacs et la gastronomie est sympa » décrit-il, et « on peut même manger du cabri ! »
"Ne pas hésiter à venir"
« Il y a des opportunités professionnelles, sociales, culturelles », égrène encore le trentenaire, qui apprécie aussi de pouvoir retrouver les goûts de La Réunion : « Il y a de plus en plus d’épiceries spécialisées, on peut trouver les épices, les bouchons. »
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S’il ne cache pas néanmoins avoir « le mal du pays » et envisager un retour à La Réunion « d’ici deux ans », il incite les Réunionnais à « ne pas hésiter à venir. » Pour lui aussi, l’annonce d’une nouvelle liaison directe avec Toulouse « est une bonne chose », « surtout pour les parents qui vieillissent et qui fatiguent avec un changement à Paris. »
Pour les vacances, pour quelques années ou pour la vie, Toulouse semble en tout cas prête à accueillir les Réunionnais à bras ouverts.


