Des inscriptions antisémites gravées sur les tables d’une salle de classe d’un collège de Saint-Joseph

Stupeur dans un collège du sud de l’île après la découverte de croix gammées gravées sur les tables d’une salle de classe. L’ARCAD (Association Réunionnaise Contre l’Antisémitisme et la Désinformation) dénonce "des faits graves". Le rectorat confirme une déclaration de niveau 3 et la mobilisation de l’équipe académique Valeurs de la République au sein de l’établissement.
L’équipe académique Valeurs de la République est mobilisée depuis la semaine dernière dans un collège de Saint-Joseph, après la découverte de croix gammées gravées sur les tables d’une salle de classe.
Les faits ont été révélés par l’ARCAD. Selon l’association, les premiers incidents seraient survenus après qu’une enseignante a évoqué auprès de ses élèves son voyage en Israël. Peu de temps après, elle découvre une croix gammée tracée dans sa classe. Toujours selon l’association, un élève se serait dénoncé "avec une forme de fierté" et, à l’issue d’un conseil de discipline, aurait été exclu pendant trois jours.
De nouvelles inscriptions découvertes
D’autres inscriptions ont toutefois été découvertes la semaine dernière. À nouveau, des croix gammées, cette fois "accompagnées du nom de l’enseignante", ont été gravées sur les tables de sa salle de classe. L’enseignante, " non juive, ayant simplement partagé avec ses élèves son expérience d’un voyage", précise le communiqué de l’association, a porté plainte. Une plainte à laquelle s’ajoute celle du principal de l’établissement.
Contacté, le rectorat confirme qu’une déclaration a été effectuée par l’établissement via l’application "Faits Établissement" la semaine dernière. Celle-ci a été classée de niveau 3 pour des "faits d’une extrême gravité", remontés jusqu’au ministère.
"L’affaire a été prise très au sérieux", indique le rectorat. Conformément à la procédure, l’équipe académique Valeurs de la République a été mobilisée afin "d’accompagner l’établissement scolaire sur le plan formel et sur le volet pédagogique".
Pour Balbine Ollier, référente Valeurs de la République de l’académie, "il fallait expliquer la gravité des faits". Après s’être entretenue avec l’élève et sa mère, la référente, qui également inspectrice régionale, indique que le symbole a été reproduit sans que toute sa portée ne soit réellement comprise. "La deuxième série de faits, nous supposons qu’elle fait écho à la première".
"Provocation d'adolescents"
Le ou les autres auteurs ne se sont toujours pas manifestés. Mais, selon l’inspectrice, ces inscriptions pourraient davantage relever ", pour nous pour l’instant, comme une provocation d’adolescents envers les adultes", rassure Balbine Ollier.
Vendredi dernier, l’équipe académique Valeurs de la République est intervenue durant une heure dans l’établissement afin d’expliquer la signification et la gravité de ces symboles, notamment à travers la diffusion de documentaires. Après cette réaction en urgence, des actions de prévention sont prévues dans les prochains mois dans cet établissement ainsi que sur l’ensemble de l’île.
Si, à La Réunion, l’équipe académique Valeurs de la République a déjà été sollicitée pour des atteintes à la laïcité, notamment liées au port du voile, une mobilisation dans ce contexte est présentée comme une situation "inédite".
Pour l’ARCAD, "ces événements rappellent que l’antisémitisme est une réalité bien présente, y compris à La Réunion". L’association "réaffirme son engagement total pour combattre ce fléau" et appelle à rester attentifs. "Si vous aussi êtes témoins ou victimes d'actes ou de propos à caractère antisémite à La Réunion ou sur les réseaux sociaux, n'hésitez pas à les signaler à notre association".


