Dengue, leptospirose et chikungunya en hausse, faut-il craindre une recrudescence des maladies infectieuses à La Réunion ?

Alors que les indicateurs du Covid-19 poursuivent leur décrue, plusieurs maladies infectieuses progressent sur l’île. Foyers de dengue, recrudescence marquée de la leptospirose et vigilance accrue face au chikungunya, circulation de Mpox, les autorités sanitaires appellent à la prudence dans un contexte climatique propice aux contaminations.
Où en est La Réunion face aux maladies infectieuses ? Si certains indicateurs rassurent, d’autres inquiètent nettement davantage. Dans son dernier bulletin hebdomadaire, transmis à la presse ce vendredi 3 avril, Santé publique France dresse un état des lieux précis, marqué par une circulation active de plusieurs maladies infectieuses et des signaux de vigilance sur le territoire.
Premier enseignement, la dengue s’installe durablement. Depuis le début de l’année, 51 cas autochtones ont été recensés, avec des regroupements identifiés notamment à Saint-Leu et Saint-Paul. Les autorités notent une progression récente, même si la situation semble se stabiliser. "Un regroupement d’une dizaine de cas est observé à Saint-Leu ainsi que trois regroupements de plus petite taille à Saint-Paul", souligne le bulletin.
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Le chikungunya, lui, reste plus discret mais présent. Vingt-et-un cas autochtones ont été signalés depuis janvier, sans regroupement notable à ce stade. "Il n’y a pas de regroupement de cas de chikungunya", précisent les experts, évoquant des cas sporadiques sans impact sanitaire significatif.
Mais c’est surtout la leptospirose qui concentre les inquiétudes. La maladie bactérienne, transmise notamment via l’eau douce contaminée, connaît une hausse marquée. "La recrudescence saisonnière de la leptospirose est actuellement en cours, à un niveau élevé", alerte Santé publique France. Depuis le 1er janvier, 114 cas ont été déclarés, dont plus de la moitié ont nécessité une hospitalisation et un décès a été enregistré.
Eau, chaleur et humidité
Les conditions climatiques jouent un rôle déterminant. L’humidité et la chaleur favorisent la survie de la bactérie dans les milieux aquatiques. Les activités de loisirs sont particulièrement pointées du doigt. "Le nombre de cas rapportant des activités à risque de contamination en lien avec des loisirs en eau douce est plus important cette année qu’en 2025", indique le rapport.
Face à la coexistence de ces pathologies, les autorités sanitaires insistent sur la complexité du diagnostic. "Dans un contexte de circulation active de dengue, chikungunya et leptospirose, le diagnostic différentiel doit être évoqué", rappellent-elles, soulignant l’importance des tests PCR pour adapter la prise en charge.
En parallèle, d’autres indicateurs sont plus rassurants. Les syndromes grippaux restent à un niveau faible, avec une activité inférieure à 1 pour cent. La bronchiolite chez les moins de deux ans demeure également limitée, avec des indicateurs jugés "de très faible intensité".
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Même tendance du côté des gastro-entérites, dont l’activité reste modérée malgré une légère hausse chez les jeunes enfants. Les services d’urgence observent des fluctuations sans tension particulière.
Huit cas de Mpox
À ce tableau déjà dense s’ajoute un autre signal, plus discret mais surveillé. Le Mpox. Huit cas ont été signalés depuis le début de l’année, dont la moitié importés. Une circulation encore limitée, mais suffisamment suivie pour mobiliser les autorités sanitaires.
La maladie, encore mal connue du grand public, impose des réflexes précis. "Toute suspicion doit être signalée rapidement, et les personnes présentant des symptômes évocateurs sont invitées à consulter et à s’isoler", rappellent les autorités. Le lien avec les voyages, notamment vers Madagascar, reste au cœur de la surveillance.
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Dans ce paysage sanitaire fragmenté, les médecins doivent composer avec des symptômes qui se ressemblent. Fièvre, douleurs, fatigue. Difficile parfois de trancher. "Dans un contexte de circulation active de dengue, chikungunya et leptospirose, le diagnostic différentiel doit être évoqué".
Le Covid-19, enfin, encore lui, poursuit sa décrue. Les passages aux urgences diminuent, tout comme les hospitalisations. "La circulation du Sars-Cov2 perdait de son intensité", avec un taux de positivité en nette baisse.
Autre élément notable, l’impact sanitaire de l’éruption volcanique reste pour l’heure limité. "Une étude détaillée des passages aux urgences (…) n’a pas mis en évidence, à ce stade, d’impact sanitaire notable", précisent les autorités.
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