Démarchage sordide : un commercial condamné pour agression sexuelle sur une étudiante au Tampon

En octobre dernier, toute une résidence étudiante du Tampon a été chamboulée par un commercial de Canal+. Mickaël B. a profité de son activité professionnelle pour se montrer très dérangeant avec les jeunes femmes vivant sur les lieux. Une dizaine d'entre elles ont exprimé leur malaise face à ce commercial qui leur faisait la bise, se montrait insistant pour entrer malgré les refus, et surtout se montrait trop tactile. Malheureusement, l'une d'elles a subi bien pire.
Lorsqu'il s'est présenté chez Laurianne*, il a de nouveau insisté pour entrer. La jeune femme de 19 ans a fini par accepter, mais a exprimé son malaise par SMS à des amis. Mickaël lui a alors expliqué qu'il pratiquait des massages sportifs et qu'il pouvait lui faire un prix. De bon gré ou par peur, elle a fini par accepter. L'homme de 34 ans lui a alors demandé de se déshabiller, tout en se déshabillant aussi. Il lui touche alors des parties intimes tout en se masturbant, réclamant même une fellation. Comble de l'horreur, il lui a demandé, en partant, de garder le silence sur le ton de la complicité.
L'art de se rendre détestable
Une attitude choquante qu'il a également manifestée lors de son procès au tribunal de Saint-Pierre. Par ses tentatives de mensonge et son comportement déplacé, Mickaël a prodigieusement agacé les magistrats. Il n'a cessé de dire qu'il avait ressenti "un feeling". Il est même allé jusqu'à prétendre que c'était elle qui l'avait provoqué en le déshabillant et en prenant des poses suggestives.
Pire encore, en comprenant que l'inversion accusatoire ne fonctionnait pas, le commercial a alors joué la carte de la victimisation en affirmant s'être fait "à nouveau piéger". En effet, Mickaël avait déjà été condamné en 2013 pour agression sexuelle sur une femme avec qui il avait ressenti ce "feeling", mais qui avait fini par porter plainte par vengeance. Il tente d'évoquer un nouveau complot visant à lui soutirer de l'argent, avant que la présidente du tribunal ne lui rappelle que la victime ne s'était pas constituée partie civile et ne lui demandait aucun dédommagement.
Allant toujours plus loin dans l'indécence, il a argué qu'il n'avait pas besoin d'agresser les femmes, car la sienne "lui en donnait plus qu'il n'en faut". Il a tout de même rendu responsable sa conjointe de son mal-être au moment des faits, parce qu'elle lui avait proposé "un plan à trois", ce qui l'avait "perturbé". Il assure que sa conjointe le soutenait totalement "dans cette épreuve", mais il a tout de même pris soin de faire envoyer ses courriers juridiques au CCAS de Saint-Pierre plutôt qu'à leur domicile commun.
Une "dangerosité manifeste"
Après avoir rappelé que, lors d'une agression sexuelle, 70 % des femmes victimes se retrouvent tétanisées par la situation et ne peuvent pas réagir par l'affrontement ou la fuite, la procureure a évoqué sa "dangerosité manifeste notamment pour utiliser son travail pour agresser les femmes. Il élude toutes les questions et ne parle que de lui, sans aucune considération pour la victime". Elle a requis une peine de 24 mois de prison avec sursis, ainsi que quatre ans de suivi socio-judiciaire.
Pour sa défense, Me Anouck Chadaigne a rappelé que de nombreuses résidentes n'avaient pas eu de problèmes avec lui. "Il y a des témoignages qui tentent de le faire passer pour un prédateur sexuel, ce qu'il n'est pas. Tout le monde dans la résidence en a parlé et une psychose s'est créée. Il a déjà payé en s'étant fait renvoyer de Canal+ pour ça". La robe noire a ensuite rappelé qu'un SMS de la victime montrait un intérêt pour le massage sportif.
Finalement, si le tribunal a reconnu une altération du discernement au moment des faits due à sa bipolarité diagnostiquée par le médecin mandaté pour l'expertise, le tribunal a considéré Mickaël comme dangereux et est allé au-delà des réquisitions. Il a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu'à quatre ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Il doit également effectuer un stage de sensibilisation aux violences sexistes, est interdit pendant cinq ans d'effectuer des activités de démarchage à domicile, se retrouve inscrit au FIJAIS, et a interdiction de se rendre sur le campus du Tampon. En cas de non-respect de l'une de ses obligations ou interdictions, il encourt deux ans de prison ferme supplémentaires.
*Prénom d'emprunt


