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Déchaînement de violences au sabre à Ste-Suzanne : "Ce qui vous a soulagé l'a traumatisée"

Lourde condamnation ce jeudi lors de l'audience collégiale correctionnelle à Champ-Fleuri. Un trentenaire aurait pu écoper de 7 ans de prison si les juges n'avaient pas retenu l'altération de son discernement au moment où il s'est déchainé sur une cousine éloignée avec un sabre dans le parking du centre commercial de Quartier Français.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 5 janvier 2024 à 11H04

Deux ans presque jour pour jour qu'Olivier Luce est en détention provisoire, fait rare pour les prévenus jugés devant le tribunal correctionnel. Mais l'homme de 38 ans au regard démoniaque est probablement un dangereux paranoïaque. Sa cousine Daisy en a fait l'horrible expérience, le 29 décembre 2021, alors qu'elle se garait avec sa fille et sa petite-fille de 5 ans au troisième étage du parking aérien du Carrefour à Quartier Français. Le trentenaire avait surgi comme un diable de sa voiture dont le moteur avait continué à tourner. Muni d'un sabre, il avait assené de nombreux coups à la sexagénaire.

"Il a fallu lui poser 27 agrafes sur le crâne sans anesthésie pour stopper l'hémorragie", précise son avocat, le bâtonnier Georges-André Hoarau. Blessée également dans le dos et aux bras, la victime, agricultrice de son état, n'ose plus sortir de chez elle depuis deux ans. Olivier Luce n'avait donné aucune explication, il avait frappé directement avant de prendre la fuite. "Il fallait qu'elle paye", avait-il commenté auprès de sa compagne juste après les faits. Car selon le trentenaire à tendance "paranoïaque" selon les experts, une dette dont on se demande si elle n'est pas imaginaire serait à l'origine de cette terrible envie de vengeance. S'estimant lésé d'environ 30.000 euros suite à la vente d'un terrain en 2021, le prévenu n'aurait jamais digéré et aurait jeté son dévolu sur cette cousine pourtant éloignée, la tenant pour responsable de tous ses maux.

"Je voulais la détruire, la faire souffrir", avait confié le mis en cause lors de garde à vue. Un temps, les faits avaient été qualifiés de tentative d'homicide avant d'être correctionnalisés, l'intention n'ayant pas été retenue par le magistrat instructeur en charge de ce dossier. "Ce qui vous a soulagé l'a traumatisée", insiste le président de l'audience. D'autant que selon le ministère public, ce n'était pas la première fois qu'Olivier Luce avait voulu s'en prendre à madame. "Vous vous êtes armé, vous avez suivi madame de Bras Panon jusqu'à Carrefour, vous aviez exprimé plusieurs fois auprès des membres de votre famille votre envie de commettre de tels faits", pilonne le représentant de la société.

"Personne n'a pu remonter suffisamment loin dans les comptes bancaires de l'intéressé afin de vérifier qu'il avait versé 30.000 euros et qu'on ne l'avait jamais remboursé", tente son avocate Me Maréva Fornes-Marin. Petit à petit, Olivier Luce s'était isolé des autres membres de la famille, obsédé par cette histoire qui avait pris toute la place dans sa tête. A tel point que les experts dans leur analyse ont estimé que son discernement avait été altéré au moment des faits.

Un élément important puisque, retenu par les juges, il a permis à l'agresseur de bénéficier d'une remise d'un tiers de sa peine. "Nous avons décidé de vous infliger la peine maximum encourue, soit 7 ans de prison, explique le président, à laquelle nous retirons un tiers puisque nous retenons l'altération de votre discernement".

Olivier Luce est condamné à 4 ans de prison, dont 8 mois avec sursis probatoire, une obligation de soins, de travail, d'indemniser les victimes. Il  a interdiction de contact avec sa cousine à sa sortie de prison et de porter une arme. Il a été reconduit en détention afin de purger la fin de sa peine.

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