"Dans un an, plus aucune banque ne voudra prêter au Conseil général"

"Nous avons assisté ce matin (ndlr mardi matin) à une assemblée sans âme, qui n'a eu de cesse de se lamenter". Le conseiller général d'opposition, Cyrille Hamilcaro, a récapitulé à sa manière une assemblée plénière linéaire sur le ton des reproches adressés à l'Etat.
Le reproche est facile, contredit l'élu de Saint-Louis qui aurait aimé, dit-il, voir la majorité emmenée par Nassimah Dindar "réagir" après le constat dressé notamment par son vice-président en charge des finances, Bachil Valy, préposé à la lecture des grandes lignes du budget 2014.
Oui, les dotations de l'Etat fuient La Réunion comme les autres collectivités hexagonales. Mais au lieu de se résigner, un message plus fort aurait dû être envoyé dès ce jour par l'ensemble des élus, clame Cyrille Hamilcaro.
L'élu sudiste a préféré quitter l'hémicycle avant le vote du budget. Une forme de protestation pas même suivie dans son propre camp.
Une autre forme de mécontentement aurait pu émerger selon Cyrille Hamilcaro. "Si le budget avait été rejeté, cela aurait mis notre budget sous tutelle et donc aurait obligé l'Etat à faire des coupes importantes, ou bien il fallait voter le budget en déséquilibre en inscrivant toutes les recettes que l'Etat nous devait et à ce moment-là on aurait marqué véritablement un coup par rapport à l'Etat", croit-il.
Philippe Leconstant "a la mémoire courte"
"Mais il se trouve que les élus que nous sommes n'ont ni posé un acte, ni posé un acte de résistance comme je le leur demandais", ajoute l'élu du canton de Saint-Louis 1. Apostrophé par Philippe Leconstant sur le mutisme des élus d'opposition pour défendre le transfert à l'euro près lorsque la droite était au gouvernement, Cyrille Hamilcaro signale au Premier secrétaire de la fédération socialiste qu'il "a la mémoire courte".
Quant au budget voté ce mardi, il donne l'étrange impression que le Conseil général n'est plus qu'un guichet d'allocations.
"C'est dramatique. 10% d'un budget consacré à l'investissement. Ca ne se voit nulle part. Même les petites communes consacrent au minimum entre 15 à 20% de leur budget à l'investissement", compare Cyrille Hamilcaro. "Nous avons aujourd'hui sur un budget de 1,5 milliard seulement 320.000 euros d'épargne nette. Dans un an, plus aucune banque ne voudra nous prêter de l'argent et à côté de cela nous ne faisons plus d'investissements sur nos fonds propres avec seulement 154 millions d'euros d'investissements. Ce n'est pas logique. C'est pour ça que nous allons dans le mur et vers l'explosion. Nous ne pouvons plus continuer de cette manière".


