Cyber Réunion : un numéro d'urgence pour les entreprises victimes de piratage informatique

En 2023, 14 incidents de piraterie informatique concernant des entreprises, des administrations ou des collectivités territoriales de La Réunion ont été signalés à l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Trois de plus que l'année précédente, en attendant les chiffres très attendus du rapport 2024 de l'ANSSI. Cette agence d’État en charge de la sécurité informatique, créée en 2009, a été placée directement sous la responsabilité des services du Premier ministre.
« Il y a une multiplication des cyberattaques, y compris sur le réseau de l’État cette année. Mais le plus souvent elles ne sont pas déclarées, notamment pour des questions d'e-reputation », a assuré Parvine Lacombe, la directrice de cabinet du préfet, à l'occasion de la conférence de lancement de Cyber Réunion ce lundi 4 novembre.
« Quatorze attaques, c'est la partie immergée de l'iceberg », a renchéri Mathieu Druilhe, directeur de la sécurité de Cyber Réunion, en expliquant que depuis juin dernier, ses services avaient identifié une trentaine d'entreprises réunionnaises dont les adresses I.P. étaient considérées comme « critiques ou très critiques ».
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Pour apporter des solutions aux patrons de TPE et de PME ou aux présidents de collectivités soucieux du niveau de sécurisation de leurs systèmes informatiques, la France a installé 14 centre régionaux de réponse aux incidents informatiques (CSIRT), dont deux en Outre-mer. Le quinzième a vu le jour à La Réunion et a été dénommé Cyber Réunion, pour une meilleure identification par les publics ciblés.
Financée à parts égales par l’État et la Région (1,2 million d'euros sur trois ans), l'agence Cyber Réunion emploie 5 ETP dont les missions vont de la prévention des cyberattaques jusqu'à la gestion des signalements de piraterie. En cas d'attaque, les premiers réflexes des victimes conditionnent le plus souvent le délai de reprise de contrôle sur le système informatique infecté, ou facilitent la protection des données qui n'auraient pas encore été subtilisées.
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« Le Samu pour la cyber sécurité »
Pour réagir au plus vite en cas d'intrusion malveillante, les TPE et PME ainsi que les collectivités disposent désormais d'un numéro d'urgence (0262 974 999) permettant de bénéficier de conseils sur les premiers réflexes à adopter, d'un accompagnement sur la judiciarisation du dossier et les formalités réglementaires, ainsi que d'un catalogue de prestataires référencés et d'un suivi jusqu'au retour à l'état normal.
« On souhaite faire de Cyber Réunion la marque étendard de la cyber sécurité à La Réunion. Trop d'entreprises ne prennent pas les mesures suffisantes pour se sécuriser », avance Denis Fabregue, directeur de Réunion THD, qui compare le numéro d'urgence à un « Samu pour la cyber sécurité ».
« La menace est croissante et a explosé depuis les années Covid », prévient Moïse Moyal, délégué à la sécurité numérique pour les Outre-mer de l'ANSSI. Si le rançonnage lié au grand banditisme constitue l'une des menaces, l'espionnage industriel ou étatique n'est pas à prendre à la légère.
« Dans les Outre-mer, on a mentionné que les territoires pouvaient être victimes d'actes d'espionnage étatique. Cela figure dans le rapport 2023 de l'ANSSI, parce que ça c'est réalisé », souligne Moïse Moyal. En s'engageant dans un parcours de diagnostic avec Cyber Réunion, les entreprises peuvent par ailleurs bénéficier de fonds de la Région, de l’État et de l'Europe pour financer un plan de sécurisation de leur système informatique.
Pour rappel, les particuliers victimes de piraterie en ligne doivent pour leur part se rendre sur le site cybermalveillance.gouv.fr afin d'obtenir les démarches à suivre.

Mathieu Druilhe , directeur de la sécurité de Cyber Réunion


