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Crues, ravines, digues : la Cinor exige des actions concrètes de l’État

Ecrit par S.I. – le jeudi 26 juin 2025 à 18H54

Face aux menaces persistantes liées aux inondations, la Cinor a adopté à l’unanimité une motion portée par la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, afin d’alerter sur l’urgence d’agir avant la prochaine saison cyclonique. Le texte appelle à une mobilisation renforcée des services de l’État pour sécuriser les ravines et les cours d’eau, encore fragilisés par le cyclone Garance.

Avant que le conseil ne se termine de manière imprévue pour cause d’absence de quorum, les élus ont eu le temps de valider une motion portée par Ericka Bareigts, suite aux inondations causées par le cyclone Garance à Saint-Denis. Ce dernier avait causé d’importants dégâts dans plusieurs quartiers du Nord, notamment à la Rivière Saint-Denis, à Patate-à-Durand, à La Source ou encore aux Caricubes. Le document voté par les élus communautaires souligne l’intensité inédite des crues observées, la montée rapide des eaux, l’accumulation de blocs rocheux et de végétaux, ainsi que l’ampleur des dépôts solides.

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L’État doit assumer pleinement ses responsabilités

Dans cette motion, la Cinor rappelle ses engagements à travers la gestion des digues, la poursuite d’études hydrauliques, la coordination du dispositif PAPI ou encore l’accélération des travaux de curage. Mais elle enjoint surtout l’État à assumer pleinement ses responsabilités, tant sur l’entretien des ravines non endiguées que sur le déploiement des moyens financiers promis, notamment les 200 millions d’euros évoqués lors de visites ministérielles.

Interrogée, Ericka Bareigts insiste sur l’urgence à agir : « C’est une motion importante parce qu’on voulait mettre à nouveau la lumière, à quelques mois de la nouvelle saison cyclonique, sur cette grosse problématique des ravines. Elles ont été un vrai sujet de danger pour nos populations, pour nos familles. » La maire de Saint-Denis déplore le manque de réactivité de l’État alors que « des galets se sont déplacés, des rives sont instables, il faut nettoyer, stabiliser, et surtout obtenir les autorisations de la DEAL. »

La motion réclame aussi une révision de la réglementation actuelle, qui empêche les maires d’intervenir directement dans les ravines. Une situation que l’élue dionysienne juge profondément injuste : « Aujourd’hui, on n’a pas de pouvoir pour nettoyer les ravines, pas de budget. Mais quand les gens sont en danger, le seul pouvoir qu’on nous donne, c’est d’expulser. C’est une profonde injustice. » Pour elle, la priorité est claire : « Il faut sécuriser. C’est un sujet de vie humaine. Et s’il faut faire des sacrifices financiers, il faut les faire. »

Transmise au ministère des Outre-mer, à la préfecture et aux autres institutions locales, la motion de la Cinor vise à servir de base à une stratégie territoriale commune pour mieux anticiper les prochains épisodes climatiques extrêmes. Une réunion est d’ores et déjà prévue à la préfecture le 7 juillet pour faire le point sur les avancées.

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