Cri d'alarme des associations de lutte contre les violences conjugales

Vingt huit associations (Cevif, Chancégal, ARIV, Ligue des droits de l'homme, Femmes solidaires, UFR...) se sont réunies en collectif dans l'espoir que leur voix soit entendue, et former "une force de pression et de proposition" déclare Thérèse Baïllif, présidente du Cevif ( collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales).
"Colère" se dit préoccupée par la montée de la violence envers les femmes au sein de la famille. "Il faut une prise de conscience profonde" lance Thérèse Baïllif, qui craint que la société ne "tombe en décadence, car il y a trop de souffrances" regrette la militante, qui rappelle que la famille est à la base de la construction de la société. "La problématique n'est pas reconnue comme une priorité. Les pouvoirs publics ne mesurent pas les retombées dans la société, dans l'éducation, dans le travail et dans la vie familiale. Des enfants qui vivent dans la violence développent des traumatismes".
"Colère" interpelle donc les pouvoirs publics et politiques, afin que ce phénomène ne soit plus banalisé. "Les agents qui accueillent les femmes battues dans les commissariats doivent être formés. Quelle déception et quelle déconvenue pour une femme qui se retrouve face à des personnes qui refusent de prendre sa plainte, alors qu'elle a souvent pris des mois, voire des années avant de faire le premier pas" souligne Geneviève Payet, présidente de l'association ARIV (Antenne Réunion de l'Institut de Victimologie). "Le certificat médical ne doit plus être une pièce maîtresse du dossier. Lorsque nous accueillons les femmes qui viennent vers nous, nous ne leur demandons pas une certificat médical car si elles viennent vers nous, c'est qu'elles sont en souffrance. La souffrance est d'abord psychologique et ça ne laisse pas de traces visibles" indique la fervente militante. "Il est nécessaire que ces femmes soient ensuite accompagnées jusqu'à la fin du jugement, car elle sont dans une démarche de reconstruction".
Chaque année, l'association Cevif demande dans une motion qu'elle remet à la Préfecture, la désignation d'un élu référent dans chaque secteur, qui représenterait les associations qui défendent les intérêts des familles. "Il n'y a pas de vraie volonté politique. Nous demandons qu'il y ait un élu référent de proximité avec des moyens dans chaque secteur (...). Nous sommes tous un peu responsable de ce qui se passe".


