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Création d’entreprise : Des entrepreneurs plus souvent confrontés à des difficultés qu’au niveau national

À La Réunion, en 2018, 6.600 entreprises sont créées, dont un tiers sont des commerces. "Les créateurs sont plus souvent des salariés que ceux de 2014, et sont plus diplômés", note l'Insee.

"Seul un créateur sur trois est une femme. Nombre de créateurs réunionnais engagent peu de moyens financiers au départ, et ils sont plus nombreux dans ce cas qu’en 2014", ajoute l'institut de statistiques, qui précise qu'"ils sont aussi plus nombreux qu’au niveau national à déclarer avoir fait face à des difficultés pour créer leur entreprise".

Seul un sur cinq emploie des salariés juste après le démarrage de l'activité. Interrogés avant le début de la crise sanitaire sur leurs perspectives, ils se montraient plus optimistes que les créateurs de 2014, est-il précisé.

Ecrit par N.P – le mardi 15 mars 2022 à 09H11

Le point de l’Insee :

En 2018, à La Réunion, 6 600 entreprises sont créées dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles, dont 5 060 entreprises hors régime du micro-entrepreneur. Les créations d’entreprises sont dynamiques sur l’île depuis 2016, après avoir reculé entre 2010 et 2015.

Près d’un quart des entreprises créées à La Réunion en 2018 le sont dans le secteur du commerce, une part qui reste sensiblement plus élevée sur l’île qu’au niveau national (23 % contre 18 %). À l’inverse, les créations d’entreprises dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques y sont moins fréquentes.

Des créateurs plus souvent salariés qu’en 2014

Au premier semestre 2018, les créateurs d’entreprises (hors micro-entrepreneurs) sont le plus souvent des salariés (37 %). Leur part augmente nettement depuis 2014 (+ 7 points), au détriment des chômeurs et de ceux qui n’avaient aucune activité professionnelle auparavant, en lien avec un léger repli du chômage sur la période. De fait, le souhait d’être indépendant et de développer fortement son entreprise sont les premières motivations des créateurs d’entreprises de 2018. Ceux qui avaient créé leur entreprise en 2014 évoquaient davantage le besoin d’assurer leur propre emploi, ou indiquaient avoir choisi de créer une entreprise ou d’y avoir été contraints parce qu’ils étaient sans emploi. Les créateurs de 2018 sont par ailleurs moins expérimentés dans leur secteur d’activité que ceux qui avaient créé leur entreprise en 2014 : seuls 37 % d’entre eux ont plus de 10 ans d’expérience, contre 44 % en 2014 et au niveau national en 2018.

Les créateurs d’entreprises de 2018 à La Réunion sont plus diplômés que ceux de 2014. Cependant, seuls 28 % sont diplômés du 2e ou 3e cycle du supérieur, une part qui reste largement inférieure à la moyenne nationale (41 %).

Seuls 32 % des créateurs sont des femmes en 2018, une part en légère hausse par rapport à 2014 (29 %). Elles sont un peu plus nombreuses qu’au niveau national. Toutefois, les femmes représentent les deux tiers des créateurs d’entreprises dans le secteur de la santé humaine et de l’action sociale, et la moitié dans les services aux particuliers et l’enseignement.

Moins de moyens engagés que pour les créateurs de 2014

Comme au niveau national, de plus en plus de créateurs d’entreprises sur l’île démarrent leur projet avec des petits moyens financiers. À La Réunion, 48 % se sont lancés dans leur projet avec moins de 4 000 euros, une part plus élevée qu’en 2014 (41 %). Comme en 2014, trois créateurs sur dix en 2018 bénéficient de dispositifs d’aides publiques. L’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise (Accre) reste la plus utilisée par les nouveaux entrepreneurs (un sur cinq). Les aides non dépendantes de la situation d’emploi des créateurs, comme les prêts à la création d’entreprise ou les aides liées à l’innovation, ne sont guère utilisées. Par ailleurs, seuls 7 % des créateurs d’entreprises réunionnais déclarent s’appuyer sur des exonérations de cotisation ou d’impôts.

Les créateurs de 2018 sont nettement moins nombreux que ceux de 2014 à avoir monté leur projet sans aucun appui : 27 % contre 48 %. Cette part est à peine supérieure à la moyenne nationale. Pour la moitié des créateurs, le principal appui reçu est celui de leur entourage personnel.

Des créateurs plus souvent confrontés à des difficultés qu’au niveau national

Les créateurs d’entreprises à La Réunion déclarent plus souvent rencontrer des difficultés qu’au niveau national pour créer leur entreprise. La difficulté la plus fréquemment évoquée concerne les formalités administratives à régler, qui est formulée par un nombre croissant de créateurs et un peu plus qu’ailleurs en France. Vient ensuite la difficulté à obtenir un financement, exprimée par 31 % des créateurs à La Réunion, soit nettement plus qu’au niveau national (21 %). Ouvrir un compte bancaire professionnel s’avère aussi deux fois plus difficile ; ce problème touche un créateur sur cinq sur l’île.

Sept nouvelles entreprises sur dix font appel aux services d’autres entreprises, essentiellement pour des services de comptabilité (pour deux tiers d’entre elles) ou de publicité. L’utilisation d’internet et des réseaux sociaux se situe par ailleurs dans la moyenne nationale.

Une nouvelle entreprise sur cinq emploie des salariés

Une minorité de créateurs emploient des salariés quelques mois après le démarrage de leur activité : c’est le cas de 21 % d’entre eux, comme pour les créateurs de 2014, contre 27 % au niveau national.

Interrogés avant le début de la pandémie de la Covid-19, les créateurs d’entreprises en 2018 font preuve de davantage d’optimisme sur leurs perspectives d’avenir que ceux de 2014 . À La Réunion, 42 % des créateurs pensent développer fortement leur entreprise, comme au niveau national, contre 34 % en 2014.

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