Cour criminelle : audiences trop nombreuses, un quinquagénaire reste en prison

Ce mercredi 2 juillet, la Chambre de l'instruction a prolongé la détention d'un quinquagénaire. Il sera jugé devant la cour criminelle.
Serge*, quinquagénaire, est soupçonné d'avoir violé sa belle-fille, âgée de 10 ans. L'alerte est donnée par sa compagne de l'époque, et mère de la victime. Elle porte plainte pour des violences conjugales et signale les faits d'abus aux gendarmes de Saint-Joseph.
Dans un premier temps, lorsqu'il est entendu, Serge ne reconnaît pas les faits. Il explique qu'en jouant avec sa belle-fille, il a frôlé les parties intimes de l'enfant. Mais, confronté à nouveau aux gendarmes, il reconnaît partiellement les faits, notamment les actes de pénétration.
Peu loquace à la barre, le prévenu encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle pour ces faits de viol sur mineur de moins de 15 ans.
Une centaine de dossiers à juger
Chaque semaine, la Chambre de l'instruction doit prononcer des prolongements de détention exceptionnels quand il s'agit d'affaires portées à la cour criminelle. Pour rappel, en 2019, La Réunion s'est portée volontaire pour accueillir ce nouveau dispositif judiciaire. Sa fonction est la suivante : juger des crimes passibles de 10 à 20 ans de prison.
Se situant entre le tribunal correctionnel et la cour d'assises et contrairement à cette dernière, la cour criminelle n'incorpore pas de jury populaire. À la place siègent cinq magistrats (trois professionnels, un honoraire et un temporaire). Son but étant également de permettre un désengorgement de la cour d'assises.
Or, depuis plusieurs semaines, magistrats et avocats soulèvent la question du nombre de dossiers s'accumulant à la cour criminelle de La Réunion. Dans ses réquisitions faites ce mardi 1ᵉʳ juillet, le ministère public en évoque au moins 110.
Depuis 2023, la cour criminelle s'est généralisée dans l'ensemble de la France.
*Prénom d'emprunt


