Coups de couteau au Port : La légitime défense de la compagne balayée par le tribunal correctionnel

C'est une femme frêle appuyée sur une béquille qui a fait son entrée dans la salle d'audience du tribunal correctionnel vendredi dernier. Jugée dans le cadre de la procédure accélérée, la septuagénaire accepte de rester debout malgré son état de santé visiblement fragile. D'une voix fluette, elle essaie d'expliquer pourquoi, le 7 août dernier, elle a planté son compagnon à deux reprises.
Pendant toute cette longue audience correctionnelle, la prévenue de 72 ans a servi la même litanie, celle de violences conjugales subies à de nombreuses reprises installant au sein du couple un climat de peur exacerbé par une forte consommation d'alcool. A l'arrivée des forces de l'ordre, Marie-Thérésine G. avait un taux d'alcool dans le sang exceptionnellement élevé, voire incroyable pour une femme de sa corpulence atteinte d'un cancer et d'ostéoporose : 5gr/l d'alcool dans le sang.
Ce jour-là, comme tous les autres jours de la semaine, son compagnon avait ingurgité son litre de rhum avant de s'en prendre à la malheureuse en lui serrant fortement les poignets et en lui assénant un coup de tête en plein front dont Marie-Thérésine porte toujours la bosse à la barre du prétoire.
Deux mouvements d'estoque, une réaction disproportionnée
Evoquant la légitime défense, la mise en cause qui coupait des oignons à l'aide d'un Opinel explique au tribunal avoir agi sans réfléchir. "Vous lui avez donné deux coups dans des zones vitales. Votre geste est disproportionné", souligne d'emblée le président de l'audience correctionnelle pour couper court.
Malgré les nombreuses mains courantes déposées, le témoignage des voisins qui décrivent des scènes régulières de cris dans l'appartement du couple et la convocation du conjoint violent devant ce même tribunal en février 2025 pour répondre de coups de poing à la tête portés à la septuagénaire le 26 juillet dernier, le parquet, comme en écho à l'avis donné par le président, requiert une peine de six mois d'emprisonnement ferme à l'encontre d'une femme toujours dans le déni. "Elle a fait deux mouvements d'estoque alors qu'elle n'était pas en danger de mort, son fils était à côté", assène sans pitié Carmelita Dijoux.
La victime, quant à elle, n'a pas souhaité porter plainte ni se constituer partie civile. Marie-Thérésine, qui n'avait jamais eu affaire à la justice, a été condamnée à 24 mois de prison dont 18 avec sursis.
Vous avez besoin d'aide ? Voici les moyens à votre disposition :
- Déposez plainte dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie
- Contactez un policier ou un gendarme de la plateforme numérique d’accompagnement des victimes.
- Appelez le 3919 - Violences femmes info
- Contactez le 114 - Envoi d'un SMS en cas de difficulté à parler ou entendre.
- Appelez le 3977 – Maltraitances des personnes âgées/majeures en situation de handicap.
- Contactez un service d'accès au droit.
- Contactez les dispositifs d'aide et d'accompagnement des victimes via le document à télécharger ci-dessous :
Les numéros utiles dans la lutte contre les violences conjugales de La Réunion (974)Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide
Vous êtes témoins ?Agir peut tout changer. Les ressources utiles ici.


