Corsair dégage un bénéfice record et consolide son redressement

Avec 15,2 millions d’euros de bénéfice net en 2025, la compagnie long-courrier confirme sa sortie de turbulences. Un résultat obtenu dans un contexte encore fragile, alors que Bruxelles poursuit son enquête sur les aides publiques perçues lors de sa restructuration.
Corsair a bouclé l’année 2025 sur une note positive. La compagnie affiche un bénéfice net de 15,2 millions d’euros, contre 1,1 million un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 712 millions. Son résultat d’exploitation s’élève à 26,4 millions d’euros, soit presque dix fois plus qu’en 2024. Ce redressement, amorcé depuis plusieurs exercices, intervient pourtant dans un contexte d’activité réduite : baisse de 6 % des rotations, suspension de la ligne Paris–Montréal, tensions sociales aux Antilles et passage du cyclone Chido à Mayotte en fin d’année dernière.
"Nous avons fait le pari gagnant de renouveler notre flotte en pleine crise du Covid"
La compagnie dirigée par Pascal de Izaguirre s’appuie sur une flotte désormais homogène, composée exclusivement de neuf Airbus A330neo. Ce choix industriel, initié en pleine crise du Covid, a permis de rationaliser les coûts, de réduire la consommation de carburant et d’améliorer le confort à bord. La direction met aussi en avant la progression du taux de remplissage (+2,4 points) et la hausse du prix moyen des billets, traduisant la montée en gamme des classes avant et la bonne tenue du fret.
Pour son PDG, cette trajectoire valide la stratégie engagée depuis cinq ans : « Les résultats de cet exercice confirment la pertinence de la stratégie de transformation menée depuis plusieurs années : un produit attractif grâce au renouvellement intégral de la flotte, une expérience client renforcée et le développement de nouveaux services pour l’ensemble de nos passagers. Nous avons fait le pari gagnant de renouveler notre flotte en pleine crise du Covid, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer un produit de très grande qualité », déclare Pascal de Izaguirre, qui salue également « l’engagement de toutes les équipes Corsair ».
Toujours sous le coup d'une enquête de la Commission européenne
Reste une zone de turbulence : l’enquête ouverte par la Commission européenne sur le plan de restructuration de la compagnie. En avril 2025, Bruxelles avait annoncé étendre sa procédure à deux nouveaux points, afin de vérifier la conformité des aides publiques reçues. À l’époque, Pascal de Izaguirre s’était voulu rassurant, affirmant rester « serein » et réfutant toute infraction. Si Bruxelles doutait de la viabilité de la compagnie, elle vient d'en démontrer le contraire, au moins pour cet exercices. Mais attention, si l’aide était jugée illégale, Corsair pourrait être contrainte de rembourser plusieurs millions d’euros.
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Malgré ce dossier encore en suspens, la compagnie revendique une solidité retrouvée. Corsair, qui dessert quotidiennement La Réunion, les Antilles et la Côte d’Ivoire, table désormais sur la stabilité de son modèle et sur la poursuite d’une croissance « maîtrisée » dans un secteur où les aléas restent nombreux.


