Corée du Sud : le Parlement contraint le président à lever la loi martiale

Le monde a découvert hier soir des images saisissantes de soldats sud-coréens prenant le contrôle de Séoul et du Parlement. À l’intérieur, les députés présents ont réussi à obtenir l’annulation de la proclamation de la loi martiale décidée par le président, forçant ainsi les troupes à regagner leurs casernes.
Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a annoncé ce mardi soir une mesure sans précédent, la proclamation de la loi martiale. Une première depuis la fin de la dictature militaire en 1980. Cette décision a temporairement suspendu les activités politiques, restreint les manifestations et placé les médias sous contrôle militaire. Dans une déclaration télévisée, le président a justifié cette action comme une réponse aux "menaces communistes" et aux "éléments hostiles à l'État", ciblant particulièrement les élus de l’opposition.
Cependant, la mesure a rapidement été rejetée par une majorité parlementaire. Les députés, y compris certains membres du parti présidentiel, ont adopté un texte demandant la levée immédiate de la loi martiale. La Constitution sud-coréenne stipule que le président doit se conformer à une telle décision parlementaire. Face à la pression croissante, Yoon Suk-yeol a annoncé quelques heures plus tard la levée de la loi et le retrait des troupes déployées à Séoul.
Cette annonce a provoqué une mobilisation massive de la population, avec des milliers de manifestants rassemblés devant le Parlement pour protester contre les restrictions imposées. Des slogans appelant à la démission du président ont été scandés tandis que l’opposition dénonçait une "imposition illégale". La communauté internationale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l’ONU, a exprimé ses inquiétudes tout en appelant au respect de l'État de droit.
Cet épisode marque une escalade dans les tensions politiques en Corée du Sud, opposant un président controversé à un Parlement majoritairement acquis à l’opposition. Bien que la loi martiale ait été rapidement levée, cet événement soulève des questions sur la stabilité démocratique du pays et les intentions futures du chef de l'État.


