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Constitutionnalisation de l’IVG votée par le Sénat : Les réactions à La Réunion

Le Sénat a voté la constitutionnalisation de l'IVG sans modification. Cela ouvre la voie à l’adoption définitive du texte par le Congrès qui se réunira à Versailles dès lundi prochain. Une nouvelle qui n'a pas manqué de faire réagir à La Réunion.

Ecrit par N.P. – le jeudi 29 février 2024 à 11H53

Huguette Bello, présidente de la Région Réunion 

En approuvant largement l’inscription dans la Constitution de  »la liberté garantie » des femmes  »d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », le Sénat a ouvert la voie à l’adoption définitive du texte par le Congrès.

Ce vote, initié par l’ensemble de la gauche et des écologistes, est une victoirecollective, pour les forces de progrès, pour les associations féministes et pour toutes les femmes qui se sont battues et se battent encore pour garantir le droit de disposer de leurs corps.

Je me suis toujours tenue à la pointe de ces combats, à la fois en tant qu’élue et en tant que militante de l’Union des Femmes Réunionnaises. Je me réjouie de ce vote, qui affirme à quel point nous sommes toutes et tous attachés à cette liberté.

Je veux avoir une pensée pour toutes les femmes qui ont vécu l’abomination de la criminalisation de l’IVG. L’histoire douloureuse des femmes réunionnaises avortées et ligaturées par la contrainte ne doit pas être oubliée.

Cette constitutionnalisation attendue de l’IVG nous donne de la force. Il nous en faudra encore pour mettre fin aux discriminations et briser collectivement ce plafond de verre sous lequel tant de femmes réunionnaises sont encore assignées. Nous devons accroître notre vigilance, y mettre toujours plus de cœur et de courage !

Face à la montée des périls et des populismes, et quand les attaques portées contre les anti-droits des femmes se multiplient, cette constitutionnalisation de l’IVG par la France est aussi un message envoyé au monde entier. En renforçant les droits des femmes et des filles, c’est l’humanité entière que l’on fait progresser.

 

Jean Hugues Ratenon, député de La Réunion

Après le vote intervenu le 24 novembre 2022 sur la proposition de loi constitutionnelle visant à protéger et garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception, portée par la Présidente de notre groupe Mathilde Panot, et dont j’étais cosignataire, le sénat vient à son tour, hier, d’adopter cette proposition.

Des votes acquis à des très larges majorités. A l’Assemblé Nationale : 337 voix sur les 387 votants ; au Sénat : 267 voix sur 339 votants

Je me réjouis du vote des sénateurs alors que ce n’était pas gagné d’avance.

Présent à Paris cette semaine pour participer notamment à la niche du PS ce jeudi 29 février où l’on examinera des textes comme : protéger le groupe Electricité de France d’un démembrement ; encadrer les frais bancaires sur successions ; ou encore reconnaitre la responsabilité de l’Etat et indemniser les victimes du chlordécone ; j’y resterai pour participer au Congrès qui se réunira lundi à Versailles.

Ce 04 mars sera un jour Historique pour la France, les femmes. Il s’inscrira dans la continuité du combat de Simone Veil entrée au Panthéon le 1er juillet 2018.

Cette inscription de l’IVG dans le marbre de notre Constitution protège à jamais ce droit pour les femmes.

Evelyne Corbière  Naminzo, sénatrice de La Réunion

IVG dans la constitution : une nouvelle garantie pour le droit des femmes de disposer de leur corps
Ca y est, nous y sommes enfin ; après les diverses tentatives impulsées par la gauche, de la proposition de loi constitutionnelle de l’ancienne Sénatrice communiste Laurence Cohen en 2017, à celles de la députée insoumise Mathilde Panot et de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, les digues à la constitutionnalisation de l’IVG ont fini par rompre. C’est une victoire historique pour l’ensemble des forces progressistes, mais surtout une victoire pour toutes les femmes de France et du monde.

Au terme d’un après-midi du 28 février 2024 mouvementé, le Sénat s’est enfin prononcé en faveur de la constitutionnalisation de l’Interruption volontaire de grossesse. Par ce vote, la France s’honore et devient le premier pays du monde à garantir ce droit dans sa constitution. Cette victoire est le fruit des longues années de lutte menées par les
mouvements féministes. En tant que femme réunionnaise, j’ai porté la voix des luttes de celles qui m’ont précédée en tant qu’élue, en tant que militante, en tant que femme. Ce vote est un  hommage aux combats menés par les militantes de l’Union des Femmes Réunionnaises qui ont lutté pour nos droits fondamentaux.

Cette victoire sera, je l’espère, porteuse d’espoir pour les femmes du monde entier. Aucune d’entre nous ne sera réellement libre tant que d’autres femmes demeureront sous le joug d’hommes et de lois qui veulent décider à leur place. La sororité est un humanisme, la sororité doit être un internationalisme.

Nous constatons que cette avancée majeure n’a pas fait l’unanimité. Pour garantir cette liberté fondamentale, nous devons veiller à ce que les élus de la République demeurent des défenseurs des droits des femmes. N’attendons pas que cette liberté soit menacée pour la rendre intouchable. Continuons à lutter pour que les opposants à l’lVG et l’extrêmedroite n’arrivent jamais au pouvoir.

N’oublions pas que les femmes réunionnaises ont été de grandes victimes de la politique antinataliste de l’État français entre 1960 et 1970. Les plus fragiles d’entre elles ont subi des stérilisations non consenties et des avortements forcés, à l’époque où la loi interdisait l’avortement. Les dérives se sont produites parce que des politiques d’alors prétendaient agir ainsi dans l’intérêt des femmes elles-mêmes. Dans un sens comme dans l’autre, il est nécessaire de protéger les femmes de la volonté d’un État de contrôler leur corps.

Réjouissons nous de l’avancée majeure que représente la constitutionnalisation de l’IVG. Notre devoir est de continuer à lutter de toutes nos forces pour que tous les moyens  nécessaires soient déployés pour rendre effectif ce droit, et permettre concrètement aux femmes de tous les territoires de librement disposer de leur corps.

LE PLR

CONSTITUTIONNALISATION DE L’IVG : UNE VICTOIRE POUR LES FEMMES AU SÉNAT.

Le projet de loi visant à inscrire la “liberté garantie” d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution a été adopté par le Sénat à 267 voix contre 50 ce mercredi 28 février : le PLR se félicite de cet événement historique pour le droit des femmes à disposer librement de leurs corps.

Alors qu’ailleurs dans le monde, le droit au recours à l’IVG est menacé ou interdit, le PLR applaudit l’adoption de ce projet de loi au Sénat : l’inscription dans notre Constitution de la liberté garantie pour les femmes d’avoir recours à l’IVG conclura des années de lutte et de souffrance et, si le combat pour l’égalité est loin d’être terminé, sacrera cette liberté individuelle comme inattaquable.

Pour Huguette Bello, en tant que Présidente du PLR et en tant que militante réunionnaise pour le droit des femmes, il s’agît d’une grande victoire : les inégalités touchent plus durement les Outre-mer, et le PLR se souvient de l’histoire douloureuse des femmes réunionnaises. Dans les années soixante, ce sont des milliers de femmes qui ont subi des avortements et des stérilisations forcés : un crime d’Etat jamais reconnu qui avait pour but de contrôler la démographie de l’île en déshumanisant ces femmes, en les traitant comme du bétail. L’inscription de la liberté garantie d’avoir recours à l’IVG dans la Constitution, c’est aussi garantir aux femmes d’y avoir recours si et seulement si elles le souhaitent.

Si le PLR salue les sénateurs et les sénatrices qui pour beaucoup ont mis de côté d’anciennes convictions afin de faire ce qui était juste, il condamne et dénonce le vote des 50 élus de la chambre haute qui se sont opposés à ce projet de loi : il est inacceptable, en tant qu’élu.e de la République, de s’opposer aux avancées sociales majeures, et nauséabond de s’accrocher à la conviction que les ventres des femmes ne leur appartiennent pas.

POUR LA RÉUNION

Philippe Naillet, député

Après des semaines de tergiversations des sénateurs de droite , je salue le vote du Sénat en faveur de l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. En ces temps troubles où de nombreux pays reviennent sur ce droit des femmes, la France, pays des droits de l’homme, se doit de le protéger.

Actuellement menacé par la montée de l’extrême droite et les manifestants anti-IVG, ce droit qu’a la femme à disposer de son corps est un droit fondamental. Alors que le Gouvernement a tardé à mettre son inscription dans la Constitution à l’ordre du jour, les parlementaires socialistes seront pleinement mobilisés pour l’adoption définitive de ce projet de loi ce lundi 4 mars au Congrès.

David Belda, conseiller départemental et municipal de Saint-Denis

Le Sénat vient d’approuver l’inscription de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) dans la Constitution française, nous célébrons une avancée décisive pour les droits des femmes. David Belda, Conseiller départemental et municipal de Saint-Denis, se joint à cette célébration avec un enthousiasme empreint de reconnaissance envers toutes celles et ceux qui ont lutté pour cette cause.

L’approbation majoritaire de cette mesure par le Sénat ouvre la voie à une validation sans équivoque par le Parlement réuni en Congrès à Versailles lundi prochain. Cette reconnaissance constitutionnelle de la liberté des femmes de recourir à une IVG consacre un principe fondamental : celui du droit des femmes à disposer librement de leur corps. Plus qu’une simple victoire législative, c’est un pas de plus vers une société plus juste et plus égalitaire. La France en fait un droit fondamental.

David Belda exprime sa fierté que la France devienne le premier pays à inscrire ce droit dans sa Constitution. C’est un moment historique qui marque l’aboutissement de décennies de luttes et de mobilisations. C’est également un hommage vibrant à toutes les femmes qui ont courageusement défendu leur droit à choisir, souvent au prix de luttes acharnées et de sacrifices personnels.

À La Réunion, un peu plus qu’ailleurs, les femmes ont trop longtemps été confrontées à des injustices et des obstacles dans l’exercice de leurs droits fondamentaux. Trop longtemps, elles n’ont pas jouis de leur totale liberté dans leur choix de vie, notamment par rapport à la maternité. L’inscription de l’IVG dans la Constitution est un message fort : celui de la reconnaissance de la dignité et de l’autonomie des femmes, quel que soit leur lieu de résidence ou leur origine sociale.

Il est crucial que les droits fondamentaux, tels que celui de disposer librement de son corps, soient inscrits dans la Constitution afin de les protéger de toute remise en question future. Cette garantie constitutionnelle rend ces droits inaliénables, offrant ainsi une assurance solide pour les générations présentes et futures.

En saluant cette avancée historique, David Belda et tous ceux qui soutiennent la liberté des femmes réaffirment leur engagement indéfectible pour l’égalité, la justice et le respect des droits humains. Cette inscription dans la Constitution n’est pas seulement un symbole, mais un engagement ferme pour un avenir où chaque femme pourra exercer ses droits en toute liberté et dignité.

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