Commentaires sur le livre "Pour l'amour de mes filles"

"Regarde les hommes tomber" aurait du en être le titre.
Ce livre de Bernard Barsamian est à placer avec les plaidoyers qui ont fait avancer les causes. C'est un homme qui a su sublimer sa douleur à l'extrême; il est de cette catégorie qui ne cède jamais face à l'injustice, celle qui a construit les temples, lutté contre les barbaries de tout poil, cette catégorie qui a traversé les histoires individuelles et les histoires collectives. De roc il est devenu gravier; mais même là il ne cède pas, afin de détruire une machine qui s'emballe et s'acharne sur des destins tout à fait ordinaires de gens qui s'aiment, mais dont la vie devient un cauchemar effroyable.
Mais son histoire est malheureusement celle que traversent trop de pères aujourd'hui. Face au divorce, cet accident de la vie selon notre président en campagne électorale. Mais un accident Monsieur le Président, dont on ne se relève pas ! Bernard Barsamian décortique le processus d'une descendante aux enfers , inéluctable , pour ce qui était au départ une chose tout à fait banale et qui touche malheureusement un ménage sur deux: Le divorce.
Sans jamais perdre de vue les principales victimes innocentes les Enfants, Ses enfants, son œuvre est un véritable "thriller" où de nombreux hommes et femmes se reconnaitront; un catalogue ou aucune méthode, certaines dignes de la gestapo, ne lui sont épargnées; un véritable mode d'emploi à détruire les volontés, à broyer, où personne n'est responsable ni coupable, mais où la seule certitude est le dogme inaliénable que la justice ne peut pas se tromper. Les juges sont-ils devenus des démiurges ? De toute apparence oui.
Bernard Barsamian, peut- être de par sa fonction de fonctionnaire d'Etat , a décidé de lutter au corps à corps avec ce monstre froid, ce cyclotron où les particules sont des êtres humains qui s'entrechoquent et les molécules des couples qui n'auraient jamais voulu en arriver jusque- là; où la seule loi est la loi de la haine.
Car l'interrogation principale est celle-ci : Qui a des intérêts si ce n'est le système judiciaire lui-même ? Il a un fonctionnement qui à l'évidence place des hommes très haut par rapport aux autres hommes? Les intérêts financiers sont énormes; B.B lève courageusement le spectre de la marchandisation du divorce et des connivences inévitables, car bien sûr le milieu judiciaire n'est pas aussi autiste et désintéressé que cela. Mais plus dangereux, il se révèle par ailleurs des idéologies sous-jacentes qui font froid dans le dos ; un esprit de système des juges des avocats et jusqu'aux secrétaires où l'arbitraire règne en maître. Les valeurs féministes font aujourd'hui loi selon les sociologues, pourquoi pas, chacun son tour mesdames, mais certainement pas au détriment des hommes. Plus curieux cette résistance aux données récentes sur l'aliénation psychologique des enfants par le parent gardien; elles ne doivent surtout pas pénétrer le temple; les assistantes sociales sont aux ordres sur ce sujet ; la vision Rousseauiste doit prévaloir; celle selon laquelle l'enfant et la mère ne peuvent être que beauté et pureté ; le père étant , qu'en à lui, détenteur de la culture dominante, à abattre, car elle est basée sur la force et la domination…
Pourquoi un juge a-t-il pris dans son collimateur cet homme qui souhaitait simplement divorcer d'une femme volage; l'a transformé en homme dominant, autoritaire, forcément violant; en homme qui aurait voulu répudier son épouse comme cela se pratiquait au 16 ème siècle? Pourtant tous les éléments prouvaient le contraire. La vision marxiste de la lutte des classes s'appliquera, pourquoi pas, il est bien pratique de diviser ainsi le monde en deux, les gentils et les méchants, les hommes et les femmes, et puis la justice manque de moyens, on n'a pas le temps, et puis il a une sale tête celui là …
Tout cela ne tourne pas rond ; les preuves et témoignages se confondent mais la logique implacable qui, au final l'emportera toujours ,est celle qui emporte un homme dans une descente aux enfers. Réutilisons l'euphémisme d'un "accident de la vie" si chers à notre président il y a quelques temps, mais surtout l'accident d'où l'on ne revient pas. Gare aux velléitaires, la menace d'une double ou triple peine s'appliquera, celle d'avoir à payer encore plus, une pension alimentaire alors que l'on a que 450 euros par mois. Surtout qu'il ne revienne pas nous enquiquiner celui là, le lien avec l'obstination de l'affaire Outreau n'est plus très loin.
Et il y a pourtant ceux qui se relèvent, en reviennent, qui ont le culot de vouloir témoigner plutôt que de se jeter sur un mur à 150 kilomètres heures et passer pour perte et profit dans les statistiques , plutôt que de passer à l'acte et de spectaculariser tels des kamikazes leur désespoir. Faisons en sorte qu'ils ne remplissent plus les pages de faits divers qui ne font, malheureusement , que conforter nos juges et médias que ces pères sont tous des "salauds". Et une petite mention aussi aux associations "chiennes de gardes" toujours prêtes à tailler des croupières à ceux qui refusent de porter la jupe blanche, savent-elles que le monde féminin est aussi partagé sur le sujet ? car il y a des femmes admirables qui se battent pour que leur nouveau conjoint puisse se reconstruire; des femmes qui voient l'abomination d'un système qu'elles n'auraient jamais soupçonné être aussi dur. Merci à elles.
Bernard Barsamian dans son livre part de l'amour et finit par l'amour ; il a raison.
Non, arrêtons ce massacre ! Il en est de la cohésion sociale dorénavant ; arrêtons ensemble de "regarder les hommes tomber".
Norbert Fougerand
BARSAMIAN Bernard
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