Claude Hoarau ne débloquera aucun contrat aux caillasseurs de gendarmes

"Je veux dire ma désapprobation face à l'escalade de la violence. Nous n'étions plus cette fois avec quelques galets lancés mais bien face à la préparation d'émeutes". C'est par ces quelques mots, tapant du point sur la table que Claude Hoarau a rappelé sa ligne de conduite,...inflexible.
Le maire de Saint-Louis réagissait aux émeutes ayant eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à la Palissade. "En tant que 1er magistrat de la ville, et garant de la sécurité publique", Claude Hoarau a tenu a salué "le devoir des gendarmes", qui "sont des humains comme nous". Ce qui retient l'attention du maire de Saint-Louis, c'est toute l'organisation des casseurs qui les a amené à préparer une ribambelle de cocktails molotov. "Lancer des galets c'est pas génial... mais des brûlures aux mains, ça reste à vie. Les jeunes qui ont fait ça ont clairement franchi la limite", ajoute-t-il, discours sensiblement rehaussé pour tenter de juguler des dégradations urbaines qui n'en finissent plus dans sa ville.
Ce dernier fait de violences est d'autant plus regrettable, ajoute le maire, que le plan mis en place par la commune, issu de la tournée dans les quartiers touchés par le fléau du chômage, devait déboucher au 1er mai par une première salve de signatures de contrats d'avenir.
"De la patience", c'est aussi ce que ne cesse de réclamer Claude Hoarau. Tout le travail avec la mission locale, la validation du projet par l'Etat, la recherche d'un tuteur qui sera chargé d'évaluer le parcours du jeune bénéficiaire du contrat d'avenir : tout cela demande du temps, mais ces "contrats Hollande" amènent selon Claude Hoarau "plus de garanties dans la préparation d'un corps de personnels dans l'économie marchande ou non marchande".
La Ville se veut particulièrement demandeuse en la matière. "Et si vous avez remarqué, les contrats qui sont signés par les ministres qui viennent, il y en a quatre, cinq, six mais jamais 120 ou 200", précise le maire. Saint-Louis pour sa part en sollicitera 180, tout ceci dans un contexte de contraintes budgétaires qui n'a échappé à personne.
Des mains propres pour signer les contrats
400.000 euros, c'est la somme que la commune mobilisera pour les huit mois (de mai à décembre) des premiers contrats qui seront signés au 1er mai. La contrepartie de cet effort conséquent sur les contrats d'avenir, c'est que "nous freinons les emplois aidés classiques. Quatre contrats aidés en moins, c'est trois contrats d'avenir en plus", raisonne ainsi le maire. Mais Claude Hoarau ne s'en cache pas : Saint-Louis veut faire partie des bons élèves sur la manne des 5.000 contrats d'avenir pour la Réunion qu'il a lui même défendu à l'époque, en raison de la spécificité du chômage encore plus massif ici.
A la Palissade, 20 contrats de ce type étaient prévus à la signature pour le 1er mai. Avec ces incidents, Claude Hoarau annonce qu'ils seront différés, le temps d'y voir plus clair sur les personnes qui ont participé à cette nuit de caillassage. "Certains étaient cagoulés mais les gens du quartier les connaissent", souffle le maire qui en appelle d'ailleurs à "la population de Saint-Louis pour qu'elle exprime son désaveu vis-à-vis des errements auxquels on a assisté l'autre soir". Sa détermination est sans équivoque : "je m'assurerai que ceux qui seront devant moi (pour signer des contrats d'avenir, ndlr) n'auront pas jeté des cocktails molotov ou coupé des arbres".


