Cité des Dirigeants : une nouvelle plainte, un livre à paraitre, l'affaire est loin d'être finie

Tout avait pourtant bien commencé. Imaginez un deux puissantes collectivités que politiquement tout oppose, la CINOR et la CIVIS, réunies dans un même projet, celui de la Cité des dirigeants, associées avec les plus grands groupes économiques que compte La Réunion, dans le but de former et de faire émerger les cadres dont notre île manque tant !
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Pour quelles raisons ce projet qui semblait bien parti a-t-il soudainement capoté? Bien évidemment, les policiers se sont aussi posés cette question et durant l’enquête, un nom est souvent revenu en filigrane durant les auditions, celui de Patrick Foulon. Ce dernier était, au moment des faits en 2019, président d’un des OPCO (Opérateurs de compétences qui ont pour mission de financer la formation), les fameuses AGEFOS.
Cette imbrication de sociétés et d'associations a joué un rôle dans la chute de la Cité des Dirigeants
Patrick Foulon en était le président au nom de l’organisation patronale CPME et il avait un temps été administrateur du fond de dotation Philancie,, une émanation de l'AURAR dont la présidente et créatrice était Marie-Rose Won-Fah-Hin. Nous aurons peut-être l'occasion d'y revenir mais cette imbrication de sociétés et d'associations a également joué un rôle dans la chute de la Cité des Dirigeants, dans laquelle elles n'avaient officiellement pourtant rien à voir.
Je vous ai déjà raconté, pour avoir personnellement assisté au procès en première instance, que ce sont les AGEFOS qui ont stoppé net en plein vol l’essor de la Cité des Dirigeants. On peut même penser que, sans cela, il n’y aurait sans doute jamais eu d’"affaire" Cité des Dirigeants.
Comment ? En décidant brutalement de refuser de continuer à financer la formation des élèves inscrits à la seconde promotion du CPA en dépit d’un marché public paru au BOAMP. Élèves que l’on retrouvera curieusement inscrits un peu plus tard dans un autre organisme de formation qui avait vu ses promotions précédentes annulées faute de candidats... Quand on vous disait que tout n'avait pas été dit dans cette affaire.
Un courrier au procureur
Le procureur n’a, pour l’instant, pas jugé utile d’enquêter sur ce volet du dossier mais j’ai appris ce matin, de bonne source, que deux avocats spécialisés rédigeaient en ce moment même un courrier au procureur à l’encontre des AGEFOS et de Patrick Foulon pour avoir utilisé l’OPCO afin de régler un compte personnel. En conséquence de quoi, si cela était avéré, la Cité des Dirigeants aurait déploré une perte de chance et de chiffre d’affaires à cause d’un conflit de personnes auquel elle était totalement étrangère.
Et ce n'est pas tout. Un livre doit paraître prochainement sur cette affaire. Il est actuellement est à la relecture chez un avocat. Il contiendrait des révélations, notamment sur les mensonges lors de leurs auditions de deux membres du comité exécutif de la Cité des Dirigeants au sujet de relations d’affaires qu’ils avaient entretenues par le passé avec le dirigeant de la Cité des Dirigeants et qu'ils avaient toujours niées.
Une nouvelle plainte, un livre à paraitre, on n’a pas fini d’entendre parler de cette affaire.


