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Chronique judiciaire : Faux contrats, chèques falsifiés, fausses ventes et vrai procès

Ce vendredi, deux individus se sont succédé à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis pour abus de confiance auprès d'une société de téléphonie pour l'un et plusieurs particuliers, dont sa compagne, pour l'autre.

Ecrit par I.S – le dimanche 04 février 2024 à 06H12

Jean-François B., 47 ans, est commercial de profession. Entre 2015 et 2017, il officiait dans une entreprise de télécommunications connue dans l’océan Indien. Pantalon bleu marine et chemise claire, le quadragénaire s’explique longuement à la barre du tribunal correctionnel devant lequel il est jugé ce vendredi pour différentes malversations au sein de cette société.

Cette dernière se réclame d’un préjudice de 109.000 euros, une somme qui correspondrait à un trou dans la caisse que le prévenu aurait réussi à se mettre dans la poche en commercialisant des cartes de téléphone prépayées. Une anomalie dans la comptabilité avait entraîné des recherches et mis à jour un stratagème de remise de chèques qui étaient censés avoir été déposés en banque. Mais qui en réalité avaient disparu dans la nature ou jamais existé.

Des chèques envolés

Lorsqu’il avait été interpellé en octobre 2019, Jean-François B. s’était alors mis en arrêt de travail jusqu’à la rupture de son contrat. Ce qui n’a pas empêché la procédure de se poursuivre et ses clients d’être questionnés sur des factures sur lesquelles planaient des doutes puisqu’elles étaient fausses ou en doublon.

Même si curieusement en un an 35.000 euros avaient transité sur le compte bancaire de sa compagne, l’intéressé s’entête à donner aux magistrats des explications tellement confuses qu’au bout d’un moment plus personne n’y comprend rien. « Des contradictions dans le discours », relevées par la partie civile représentée par le bâtonnier Guillaume De Géry.

On ne comprend rien

À l’issue de l’enquête, le juge d’instruction n’a finalement retenu que le montant des chèques jamais encaissés par l’entreprise, soit 30.000 euros. Soulignant le comportement du prévenu qui « s’enferme dans le mensonge » ainsi que des propos « nébuleux », le ministère public a fustigé « des considérations techniques incompréhensibles ». Conjugué à un casier judiciaire portant une mention pour des faits de même nature, le représentant de la société a proposé au tribunal de prononcer la peine de 10 mois de prison avec sursis probatoire. Ce dernier a suivi et ordonné le remboursement de la somme détournée.

Vient alors à la barre Frédéric B., un bénédictin de 42 ans. Le prévenu, à qui on reproche plusieurs abus de confiance, parle fort et ne se laisse pas impressionner. Il faut dire que l’homme a déjà été condamné pour des faits similaires suivis d’un casse et incarcéré en 2019. En 2017, il aurait reçu 700 euros en espèces d’une commerçante afin de changer le moteur de son réfrigérateur. Mais la tâche n’avait jamais été effectuée et, malgré les dénégations de Frédéric B., la dame en question avait porté plainte.

Un bon samaritain

Plus embêtant, les chèques au nom de sa compagne utilisés pour effectuer plusieurs achats, dont le paiement du loyer. Des chèques que l’on soupçonne Frédéric B. d’avoir falsifié en les signant à la place de sa douce et en présentant comme garantie le un vieux passeport de celle-ci. La présidente n’a pas hésité à mettre sous le nez du mis en cause les copies de ces fameux chèques sur lesquels la signature semble « douteuse ».

« Jamais de la vie ! » s’exclame Frédéric qui se réclame s’une séparation houleuse et d’une conjointe qui avait voulu « l’enfoncer ». Et concernant la première victime, il voulait lui rendre son argent mais celle-ci avait préféré « un jugement ». Passons sur les 200 euros remis par un voisin pour que Frédéric, en bon samaritain, change le joint de culasse de son véhicule. Faute de preuves, le tribunal l’a relaxé de cette poursuite. Le représentant de la société a retenu deux abus de confiance et l’utilisation de plusieurs chèques falsifiés. Le procureur a admis que certains faits étaient très anciens et qu’il fallait faire preuve de souplesse. Frédéric devra porter un bracelet électronique pendant les 6 prochains mois.

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Marc
19 jours il y a

On est entourés de brigands de mauvaise foi. La justice est très gentille

ENTENDRE
19 jours il y a

Devenons des bandits–nous serons percus comme des heros comme BONNIE et CLYDE —-autant le faire puisque il n y a plus de justice

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