Chrétiens, musulmans, juifs, tamouls... Qui fête Noël à La Réunion ?

Noël est une fête de tradition chrétienne qui célèbre la naissance de Jésus. Elle est également devenue, au cours du 20e siècle une fête non religieuse et commerciale, symbolisée par le Père Noël, où de nombreuses familles se regroupent, partagent un bon moment et s'échangent des cadeaux.
Comment se passe Noël dans les différentes communautés religieuses de l'île ? C'est ce que nous avons tenté de savoir.
Pour les chrétiens, la tradition de la messe de minuit
Pour les chrétiens, la fête de Noël (du latin natalis, "naissance", "nativité") célèbre la naissance de Jésus, fils de Dieu, le Sauveur attendu, annoncé par les prophètes. Quoiqu'on ignore le jour et l'heure précis de la naissance de Jésus-Christ, Noël est célébré depuis des siècles dans la nuit du 24 au 25 décembre. Les chrétiens donnant à cet événement le sens de ce qui est pour eux la venue de la vraie lumière - celle du Christ -, le choix de cette date est à mettre en lien avec le solstice d'hiver, moment où le jour prend peu à peu le pas sur l'obscurité.
L'heure de minuit est tout aussi symbolique : elle marque l'arrivée d'un jour nouveau. C'est donc l'une des plus importantes fêtes religieuses dans la Chrétienté. La "messe de minuit", celle du 24 décembre au soir, rassemble traditionnellement plus de fidèles que celle du 25 au matin. Aujourd'hui, elle est souvent célébrée plus tôt dans la soirée, notamment pour permettre aux enfants d'y participer.
"Une fête civile, sociétale"
"Noël est devenue une fête civile, sociétale, un moment de partage", constate Houssen Hamode, président du Conseil régional du culte mulsulman de La Réunion. A l'école, dans les entreprises, dans les familles, les enfants et les adultes sont en quelque sorte conditionnés pour fêter Noël. "Mais ce n'est pas un fête de tradition musulmane. Sur le plan strictement religieux, il n'y a aucune signification pour les musulmans", ajoute Houssen Amode
Cela n'empêche pas certaines familles de confession musulmane de fêter Noël. "Cela dépend des habitudes et du poids des traditions familiales. Certaines familles préparent un arbre de Noël et offrent des jouets à leurs enfants", signale-t-il. S'il n'y a pas, d'après Houssen Amode, dans la religion musulmane de fête comparable Noël, celle qui s'en rapproche un peu, si on ose faire la comparaison, est l'Aïd el Fitr, qui clôt le mois du jeûne du ramadan, où "les enfants reçoivent un petit pécule, des présents, des cadeaux", explique Houssen Amode.
Dans la communauté chinoise, on fête Noël "comme tout le monde", mais pas pour des raisons religieuses. "Noël, c'est l'occasion de faire un bon gueuleton en famille et d'offrir des cadeaux aux enfants", explique Daniel Thiaw Wing Kai, président de l'ACCR (Association Culturelle Chinoise de la Réunion). C'est donc dans l'intimité de la famille que se déroule cette fête. La fête la plus importante de l'année est toutefois le nouvel an chinois, qui se déroulera le 31 janvier 2014. C'est toute une communauté qui est déjà en plein préparatifs.
Les Tamouls en plein carême
"Dans la majorité des foyers hindous à la Réunion, les gens ne célèbrent pas de manière festive Noël", souligne pour sa part Daniel Minienpoullé, président de la Fédération Tamoule de la Réunion. Et pour cause, la fin de l'année est une période de carême pour les Tamouls, où l'on remercie les divinités. "Symboliquement, les familles offrent des cadeaux aux enfants car Noël est devenu un fait de société, mais il n'y a aucune connotation religieuse". Dans la plupart des foyers hindous, il n'y a donc pas de repas fastueux organisé. Les repas familiaux tamouls auront lieu début janvier, notamment lors de la fête du Pongal.
Les familles juives, quant à elles, ne célèbrent pas Noël, mais elles ont également une fête à célébrer en décembre, c’est Hanouka, la fête des Lumières. Pendant Hanouka, on s’échange des cadeaux généralement le premier jour pour fêter aussi l'importante victoire militaire des Maccabees. Cette victoire symbolise la résistance spirituelle du judaïsme à l'assimilation grecque.


