Chats porteurs d'hameçons : Accident, appât ou maltraitance?

"C'est en ma qualité de Président de l'association SOS-ANIMAUX à la Réunion que je m'exprime ici:
La découverte de deux chats porteurs d'hameçons par nos équipe d'enquêteurs ce week-end semble remuer l'opinion publique sur notre île. C'est pourquoi je crois bon de recadrer le débat et de réaffirmer notre position face à cet évènement.
Les faits :
La responsable des opérations de SOS-animaux a reçu le signalement de deux chats observés à proximité du port de Sainte-Marie portant des hameçons plantés dans leur gueule. Conformément à notre protocole interne, elle a mis en place une opération de capture et de transport de ces deux chats à Saint-Louis (ville de notre siège social). Les animaux ont été conduits à la clinique vétérinaire de Saint-Louis. Là, ils ont été tranquilisés, puis débarassés des hameçons plantés dans leurs gueules. L'un portait l'hameçon planté dans la joue (transpercée de part en part), l'autre portait l'hameçon planté dans le palais, transperçant l'os et ressortant par le museau.
L'analyse :
Le cas du premier chat nous incite à penser à un accident. Ce chat a pu être surpris par la présence d'un hameçon dans un morceau de poisson abandonné... Ce cas de figure n'est pas isolé et même si le "spectre" de l'affaire des animaux servant d'appats à la pêche au gros ressort à la première occasion, il faut se garder de faire des conclusions hâtives cédant à l'attrait du sensationnel.
Le cas du second chat nous laisse un peu plus perplexes. L'hameçon a, en effet, traversé le palais, un os plutôt dur chez un animal adulte, et est ressorti par le museau à proximité de la truffe. Considérant que l'hameçon est une tige d'acier usinée en forme de demi-boucle (à 180°), il devient peu probable que l'objet ait pu se positionner de la sorte "tout seul". Dans tous les cas, la douleur provoquée par l'opération ne permet pas de penser que le chat l'ait laissée se faire spontanément...
Hypothèses:
La possibilité d'actes visant à préparer des animaux à devenir des appâts n'est pas écartée. Cependant, il faut tenir compte de la taille des hameçons, trop petits pour la pêche au gros.
La piste de l'accident consécutif à l'ingestion de morceaux de poissons abandonnés par des pêcheurs et portant encore des hameçons reste vraisemblable pour l'un des deux cas, mais pas pour l'autre.
Il pourrait également s'agir du résultat d'un "jeu" déjà observé et consistant à attraper le chat en lui présentant un poisson au bout d'une ligne de pêche improvisée.
Enfin, l'acte volontaire de maltraitance mettant en scène une pseudo reconstitution d'animal appât n'est pas à exclure.
Conclusion :
Nous demandons à l'ensemble de la communauté des pêcheurs utilisant des hameçons, de prendre garde à ce que leur matériel ne soit pas abandonné sans un minimum d'attention.
Nous avons retrouvé ces objets plantés dans la gueule de chats, mais nous aurions aussi bien pu les retrouver piqués dans les mollets de nos enfants ou des sportifs qui viennent courir à cet endroit.
Nous en appelons au sens civique de chacun pour que les détritus aillent là où doivent aller tous les détritus : Dans la poubelle. Et surtout, qu'ils soient traités et conditionnés pour ne blesser personne.
Merci de votre attention.
Jean-Pierre Laffitte"






