Changement climatique : changer nos comportements

Des dizaines de dirigeants sont en sommet le mardi 12/12/17 à Paris pour financer les mesures pour le climat, alors que des régions pâtissent déjà des changements provoqués par l'Homme. Plus un seul continent n'est épargné. Pollution atmosphérique aggravée, sécheresses, agriculture bouleversée, montée des eaux, tourisme et économie fragilisés... Les conséquences du réchauffement climatique, enjeu central du sommet de financement qui se tient deux ans après la conférence COP 21 sur le climat, affectent tous les pays.
Aux États-Unis, au barrage de Glen Canyon, construit en 1963, le niveau de l'eau a chuté à seulement 42% de sa capacité. Au Sénégal, c'est tout le contraire : dans la ville de Saint-Louis, sur la « langue de Barbarie » sablonneuse entre l'Atlantique et le fleuve Sénégal, leur action combinée dévore les maisons et chasse les habitants. En France, la Mer de Glace de 32km² sur le Mont-Blanc a perdu plus de trois mètres d'épaisseur cette année, trois fois plus que d'ordinaire. En Tunisie, la récolte d'olives, « l'or vert », qui porte l'économie avec des exportations records, est menacée. En Australie, l'aggravation du phénomène météorologique El Niño pousse les agriculteurs à gérer l'eau et leurs terres. Le pays mise sur la technologie, comme des drones pour surveiller l'état des cultures ou des capteurs pour contrôler à des dizaines de kilomètres des fermes le poids du bétail. Au Mexique, à Cancún: l'algue marron Sargassum, à l'odeur d'oeuf en décomposition, est de plus en plus présente sur les plages « paradisiaques » appréciées des touristes. Pour les chercheurs, sa prolifération est un indice du réchauffement océanique.
Les semaines de smog persistant en Chine s'alternent avec l'épaisse pollution atmosphérique entre l'Inde et le Pakistan, à des niveaux de polluants records en 2017. Au Brésil l’activité de déforestation est responsable d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L'année dernière, 6624km² de forêt amazonienne ont été détruits, d'après l'Institut national de recherches spatiales. L’Espagne se désertifie : le Tage est à son étiage le plus bas jamais atteint : 10% de son niveau le plus élevé. L’étude des conifères de Castille montre qu’il y a eu dans le passé des épisodes de sécheresse, mais que sur les 16 années de sécheresse record depuis 150 ans, 7 d’entre elles sont postérieures à 2003. Et ce n’est pas en pompant le Tage pour alimenter la Segura du côté de Murcie, permettant l’irrigation des cultures de tomates et d’agrumes dans le sud-est espagnol, qui améliorera les choses.
Et pendant ce temps-là, on tergiverse sur Notre-Dame des Landes, on construit une NRL à La Réunion, on planifie une LGV entre Lyon et Turin, … Sachant que les activités anthropiques sont à l’origine du réchauffement, elles devraient toutes être mesurées à l’aune de la teneur en CO2 atmosphérique qu’elles sont susceptibles de générer, pour les taxer sévèrement à hauteur de ces émissions. Entre NDDL et Nantes-Atlantique, par exemple, il n’y a pas photo. Pas plus qu’entre un transport ferroviaire et une route sur mer. Quand je vois Emmanuel Macron faire la bise à Angela Merkel à la conférence « One Planet Summit », le 12 décembre 2017, je me dis, plein d’amertume, qu’ils ne sauveront pas la vie sur Terre.
[http://aid97400.lautre.net]urlblank:http://aid97400.lautre.net


