Certains prisonniers peuvent sortir pour aller voter

Pour cette nouvelle élection présidentielle, un décret pris en 2007 et passé inaperçu autorise les prisonniers à demander une permission de sortie pour aller voter aux deux tours de cette élection. Une situation qui a provoqué une polémique mais qui est soumise à la bonne appréciation des juges, comme l'explique le porte-parole adjoint du ministère de la Justice, Olivier Pedro-José.
"Les prisonniers auront deux moyens pour aller voter, la procuration ou la demande de permission", explique-t-il. Pour cette dernière possibilité, une circulaire du ministère datant du 1er février 2012 en prévoit les différentes modalités. "Pour l'élection présidentielle, les personnes détenues, si elles le souhaitent, doivent demander deux permissions de sortie, une pour chaque tour de scrutin. (…) L'obtention d'une permission de sortie, n'étant pas un droit, elle est soumise à l'appréciation de l'autorité judiciaire", souligne la circulaire. Un décret qui s'applique uniquement aux détenus condamnés pour une peine inférieure ou égale à cinq ans ou supérieure à cinq ans mais qui ont exécuté la moitié de leur peine.
Ce décret s'applique uniquement aux détenus jouissant de leurs droits civiques. "Le prisonnier fait sa demande au juge d'application des peines, ce dernier prendra ou non la décision en fonction du profil du détenu, de sa dangerosité et des faits pour lesquels il a été condamné", ajoute Olivier Pédro-José.
"Les détenus sont informés comme n'importe quel électeur sur les programmes et les candidats"
Dans certains cas, un prisonnier peut obtenir une autorisation de sortie, par exemple pour assister à des funérailles. Désormais, aller voter fait partie des demandes recevables pour obtenir une permission de sortie. "Mais en général, les prisonniers préfèrent le vote par procuration", prévient Olivier Pédro-José. A l'intérieur des prisons, tout est fait pour informer les prisonniers sur les élections. "Les détenus sont informés comme n'importe quel électeur sur les programmes et les candidats", explique-t-il.
Le ministère de la Justice n'a, pour le moment, pas de chiffre global à donner sur le nombre de prisonniers ayant fait une demande de permission de sortie pour voter lors de ce premier tour. A titre d'exemple, dans une des plus grandes prisons françaises, Fresnes, qui compte 2.500 détenus, seulement cinq prisonniers ont obtenu une permission de sortie pour aller voter.
A la Réunion, sur l'ensemble des établissements pénitenciers de l'île, seulement une dizaine de prisonniers a eu l'aval de l'administration judiciaire pour aller glisser son bulletin dans l'urne.


