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Centrale de Sainte-Rose : un gâchis d'eau pointé du doigt en pleine sécheresse historique

Ecrit par J.D – le lundi 20 janvier 2025 à 15H15

Alors que La Réunion fait face à une sécheresse historique, Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose, interpelle sur le rejet massif d’eau par la centrale hydroélectrique de sa commune. Une problématique qui soulève également l’intérêt de la présidente de Région, Huguette Bello.

La sécheresse historique qui frappe actuellement La Réunion met en lumière un paradoxe troublant. Depuis plus de 40 ans, la centrale hydroélectrique de la Marine à Sainte-Rose, exploitée par EDF, rejette quotidiennement dans l’océan des volumes d’eau colossaux après leur utilisation pour produire de l’électricité. Avec un débit moyen de 6 m³ par seconde, ce sont près de 190 millions de mètres cubes qui finissent chaque année dans la mer, une quantité largement suffisante pour couvrir les besoins en eau des communes de l’Est.

Le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, n’a pas manqué de s’indigner face à cette situation qu’il qualifie d’« injustice ». Alors que les robinets se tarissent à Saint-André et que la situation devient critique dans des zones comme Salazie, ce rejet continu d’eau potable apparaît, selon lui, comme une provocation. "Alors que les besoins essentiels pour vivre au quotidien ne sont plus assurés sur l'Est et que la situation est devenue même critique sur Salazie et Saint-André, il est à craindre que ces millions de mètres cubes d'eau jetés à la mer 'sans coupure', de façon continue depuis plus de 40 ans, finissent par être assimilés à une provocation dans nos populations en détresse", lâche Michel Vergoz.

Retrouvez notre dossier complet sur la sécheresse à La Réunion

Nécessité d'ouvrir un débat public

« Il existe de justes colères et celle-là peut en être une, si nous persistons à repousser le débat sur la nécessité de trouver un judicieux équilibre à propos de la mobilisation et l'utilisation de notre richesse en eau, entre la production d'énergie, celle de l'eau domestique aux robinets de tous, de l'eau agricole, de l'eau industrielle ou encore de la protection de nos rivières », martèle le maire de Sainte-Rose, appelant à ouvrir un véritable débat public sur la gestion des ressources en eau.

Le sujet dépasse le simple cadre communal. La présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, a également réagi en rappelant ses propres démarches pour inciter les autorités compétentes à agir. « Depuis des décennies, nous dénonçons ce scandale écologique où chaque jour 500.000 m3 d’eau pure sont rejetés à la mer. Récemment, en ma qualité de présidente du Conseil régional de La Réunion, j’ai demandé au président du Conseil départemental d’engager une étude pour la récupération de cette eau parallèlement au projet MEREN porté par le Département. J’avais également évoqué ce sujet avec l’ancien préfet, Jérôme Filippini », explique-t-elle, tout en soulignant l’urgence de cette initiative dans un contexte de changement climatique.

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Le dossier, déjà abordé dans le cadre du projet MEREN pour le partage des ressources en eau, s’intègre aussi dans les discussions sur la révision du Schéma d’Aménagement Régional (SAR), prévue pour 2028. Michel Vergoz appelle à en faire une priorité pour la CIREST, tout en critiquant le manque d’équité dans les investissements publics entre les micro-régions.

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