Carburants : une “très grosse augmentation" attendue en avril, le sans plomb "aux alentours de 2 €"

Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, confirme une hausse exceptionnelle des prix des carburants à compter du 1er avril. Face à une augmentation inédite depuis plusieurs années, il appelle les Réunionnais à adapter leurs comportements pour éviter les tensions.
L’annonce se précise et inquiète. À quelques jours de la prochaine révision mensuelle des prix, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a pris la parole depuis le site de la SRPP au Port pour préparer la population à une hausse marquée des carburants. Sa démarche consiste, dans « une logique de transparence et d’honnêteté », à évoquer des prix qui connaîtront « une très grosse augmentation ».
Selon le représentant de l’État, l’ampleur de cette hausse est rare. « Une hausse que La Réunion n’a pas connue depuis longtemps », souligne-t-il. En cause, l’évolution des cotations internationales : « augmentation de 75.55% du sans plomb et 96% au gazole cotation ». Des niveaux qui vont directement se répercuter sur les tarifs à la pompe. « La Réunion va être percutée par les prix », prévient-il.
Les premières estimations évoquées laissent entrevoir un seuil symbolique. Le prix du sans plomb pourrait « être aux alentours de 2 € », soit une hausse d’environ 40 centimes. L’augmentation devrait être plus contenue pour le gazole. Le préfet reste toutefois prudent et indique que les prix officiels seront annoncés en début de semaine prochaine, via un arrêté destiné à les officialiser.
Une île protégée mais pas épargnée
Malgré cette flambée, le préfet rappelle que La Réunion dispose d’un encadrement spécifique. « À La Réunion, on est protégé par un système de prix administré », précise-t-il. Ce mécanisme garantit qu’il n’y a « pas d’abus de marge », puisque « c’est le préfet qui valide » les tarifs.
Lire aussi : Carburants : hausse dès le 1er mars à La Réunion sur fond de tensions géopolitiques
Ce dispositif a permis de contenir les prix jusqu’à présent, notamment depuis le 1er mars. Mais avec l’arrivée des nouvelles livraisons, la hausse devient inévitable. « La livraison en cours nous oblige à augmenter le prix au 1er avril », explique Patrice Latron.
Pas de rupture mais des tensions redoutées
Face aux inquiétudes, le préfet se veut rassurant sur l’approvisionnement. « Il n’y a pas de rupture approvisionnement », affirme-t-il. Le carburant importé, notamment depuis Singapour, est sécurisé par des contrats garantissant les livraisons. Une situation plus favorable que dans certaines îles voisines : « ce n’est pas le cas de toutes les îles autour ».
« Il y aura toujours de l’essence à La Réunion », insiste-t-il. Mais l’annonce de cette hausse pourrait provoquer des comportements de stockage. Pour éviter « la ruée dans les stations », l’État agit ainsi « en coordination avec les pétroliers et les distributeurs ».
Un appel à la responsabilité collective
Dans ce contexte tendu, le préfet lance également un appel à la solidarité. « Appel à la solidarité, avoir conscience des difficultés », résume-t-il, invitant chacun à adapter ses usages. Il encourage notamment à s’interroger sur ses déplacements en « se posant la question de rouler seul ou à plusieurs ».
Parallèlement, un arrêté encadrant la vente de carburant en jerrican a été publié pour limiter les achats massifs et garantir une distribution équitable sur l’ensemble du territoire. Une mesure destinée à accompagner cette période de tension, alors que la hausse des prix s’annonce comme l’une des plus marquantes de ces dernières années à La Réunion.


