Canne : Grands et petits planteurs divisés sur la répartition des 14 millions d'euros d'aide

Au lieu des 11,23 euros par tonne de canne, les planteurs bénéficieront de 703 euros par hectare. Un mode de répartition qui avantage les agriculteurs qui travaillent des grandes surfaces, au détriment des petits et moyens planteurs, qui représentent 75% d’entre eux selon l’UPNA . “Ce n’est pas le modèle pour sauver la filière”, déplore Dominique Clain.
L’argument avancé par l’UPNA et d’autres syndicats ne suffira pas à changer la donne, avance la DAAF, qui explique qu’il s’agit d’une décision de la Commission européenne.
"Ces 14 millions d’euros, je le rappelle, c'est une d’aide supplémentaire", souligne Richard Feuillade, chef du service économie agricole de la DAAF, qui poursuit : "La notification qui a été faite à la Commission européenne ne permet plus de faire des aides au tonnage. Le versement ne se fera pas exactement comme s’était prévu mais c’est quand même incitatif. Ce serait illusoire de croire que l'on pourrait renotifier l'aide pour répartir au tonnage et non pas à l'hectare".
Une autre option est donc mise sur la table par la DAAF : revoir le versement du reliquat de l’aide à la production, qui est une aide à la tonne, en avantageant les plus petits planteurs.
“Ils veulent devenir riches, qu’ils changent de métier”
L'UPNA pointe également du doigt l’interprofession “qui ne bouge pas”. “Il faut croire que ça les arrange", lance le président du syndicat.
Après la démission de l’UPNA représenté par Dominique Clain du CTICS, Jean François Sababady, qui lui succèdera à la table des négociations, se dit prêt à y siéger pour défendre la filière.
“Aux prochaines réunions, je vais faire mon maximum pour faire bouger les choses au niveau des protocoles qui ont été signés par deux autres syndicats, la CGPER et la FDSEA, qui vont à l’encontre du combat qu’on mène. L’UPNA a refusé de participer à cette soumission. (...) Personnellement, je ne ferai jamais partie des potentiels fossoyeurs de la culture de la canne, j’ai un trop grand respect pour la canne. Nos parents avec 7 hectares nourrissaient 10 enfants. Maintenant, de jeunes agriculteurs qui ont 20 à 30 hectares disent qu’ils ne peuvent plus en vivre. Non, ce n’est pas le problème. Ils ne veulent plus vivre de la canne, ils veulent devenir riches. Qu’ils changent de métier. La canne, c’est un beau métier, qu’il faut respecter", a-t-il conclu.


