Budget 2026 : Sébastien Lecornu confronté aux motions de censure de la gauche et du RN après le 49.3

Trois jours après avoir engagé la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget 2026, le premier ministre Sébastien Lecornu affronte ce vendredi deux motions de censure déposées par la gauche et le Rassemblement national. Des initiatives qui ne devraient toutefois pas aboutir, faute de majorité à l’Assemblée.
La séquence budgétaire se poursuit sous tension à l’Assemblée nationale. Ce vendredi 23 janvier, à partir de 9 heures, le premier ministre Sébastien Lecornu fait face à deux motions de censure, déposées respectivement par une partie de la gauche et par le Rassemblement national, à la suite de son recours à l’article 49.3 de la Constitution sur la première partie du projet de loi de finances pour 2026.
En engageant mardi la responsabilité de son gouvernement sur les recettes du budget, le chef de l’exécutif a acté l’absence de compromis avec les groupes parlementaires, rompant au passage un engagement pris à l’automne de ne pas recourir à cette procédure contestée. La décision a immédiatement entraîné le dépôt d’une motion commune par La France insoumise, les communistes du groupe GDR et les écologistes. Une seconde motion a été présentée par le RN et le groupe UDR, proche d’Éric Ciotti.
Aucune des motions de censure ne devraient passer
Aucune des deux ne devrait toutefois être adoptée. Le Parti socialiste comme Les Républicains ont déjà fait savoir qu’ils ne les voteraient pas, écartant ainsi le risque immédiat de chute du gouvernement.
Sur le fond, la gauche hors PS reproche au premier ministre d’avoir renié sa parole et dénonce un budget marqué par des coupes jugées inédites, destinées à ramener le déficit public à 5 % du PIB. Elle critique notamment certaines mesures fiscales présentées comme des compromis, estimant qu’elles ont été vidées de leur substance au fil des discussions parlementaires, à l’image de la surtaxe sur les sociétés ou de la taxe sur les holdings. Même la revalorisation de la prime d’activité est jugée insuffisante, accusée de transférer à l’État une charge qui incomberait aux entreprises.
De son côté, le RN fustige un budget jugé incapable de répondre à la crise du pouvoir d’achat, dépourvu de justice fiscale et d’économies structurelles, et accusé de contribuer à l’aggravation des déficits publics.
Engagé depuis plusieurs mois dans des discussions avec Matignon, le Parti socialiste reconnaît pour sa part avoir obtenu certaines avancées, sans pour autant s’approprier le texte. S’il regrette l’utilisation du 49.3, le PS estime néanmoins que cette option constituait la « moins mauvaise » solution dans un contexte d’absence de majorité claire à l’Assemblée.
À l’issue du vote sur les motions de censure, le gouvernement pourrait rapidement recourir de nouveau au 49.3, cette fois sur la partie dépenses du budget, voire sur l’ensemble du projet de loi, accélérant ainsi l’adoption du texte sans débat approfondi sur les amendements.


