Budget 2026 : “Les retraités prennent plein de coups sur la tête”

À l’appel de plusieurs organisations syndicales, les retraités sont passés “à l’action” ce jeudi 6 novembre. À La Réunion, les représentants se sont rassemblés devant la sous-préfecture de Saint-Pierre pour exprimer leur colère face aux mesures prévues dans le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Opposés au projet de loi de finances et de loi de financement de la Sécurité sociale prévus par le gouvernement, les retraités se mobilisent dans toute la France. “Malgré le succès des journées d’action du 18 septembre et du 2 octobre où les retraités ont pris toute leur place, les gouvernements maintiennent leur politique d’austérité et refusent d’augmenter les recettes de l’État et de la Sécu pour plus de justice fiscale et sociale”, dénoncent les organisations syndicales dans un communiqué commun.
Parmi les mesures contestées : le gel des pensions en 2026, celui de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % ou encore le doublement des franchises médicales.
“Les retraités prennent pleins de coups sur la tête”, déplore Michel Zerwetz, face aux grilles de la sous-préfecture de Saint-Pierre. Le secrétaire départemental de la Fédération générale de la Fonction publique rappelle que, “si la réforme des retraites combattue depuis 2023 est suspendue, depuis 1993 chaque réforme rabote un peu plus notre niveau de vie.” Et d’ajouter : “Un acharnement, quand, dans le même temps, les plus riches continuent de s’enrichir outrageusement.”
“Nous ne sommes pas des boomers égoïstes”
Selon les syndicats, les gouvernements changent mais “les mesures d’austérité” demeurent. “Nous ne sommes pas des boomers égoïstes qui ne voulons pas aider les jeunes à s’en sortir”, répond Michel Zerwetz à François Bayrou, ancien Premier ministre, qui avait récemment déploré que certains partis politiques négligent la gravité de la situation budgétaire de la France “pour le confort des boomers.”
Un discours qui passe d’autant plus mal à La Réunion, où le niveau de vie médian des retraités est inférieur d’environ 30 % à celui des habitants de l’Hexagone du même âge.
Les organisations syndicales demandent “un budget 2026 de rupture qui réponde aux exigences du monde du travail, salariés, retraités, privés d’emploi et précaires. Nous réaffirmons l’exigence de son abrogation.”
Elles réclament ainsi la revalorisation des pensions indexées sur le salaire moyen ; le maintien de l’abattement fiscal de 10 % ; la revalorisation des prestations sociales au moins au niveau de l’inflation ; l’abandon du doublement des franchises médicales ; le maintien des services publics sur l’ensemble du territoire.


