Budget 2026 : le gouvernement confirme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises

Maintenue dans la version finale du projet de loi de finances, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises devrait rapporter près de 8 milliards d’euros en 2026. Un choix assumé par le gouvernement pour contenir le déficit, financer les priorités sociales et l’effort de défense, au prix d’une nouvelle crispation avec le monde patronal.
Dans la dernière ligne droite du budget 2026, l’exécutif campe sur ses positions. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de maintenir la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, malgré les demandes répétées d’allègement fiscal portées par les représentants patronaux. Selon le gouvernement, cette mesure exceptionnelle doit permettre de dégager« environ 8 milliards d’euros », un levier jugé indispensable pour rester sous la barre des 5 % de déficit public tout en finançant les concessions accordées à la gauche et l’augmentation des dépenses militaires.
Une « année de stabilité »
Pour tenter d’apaiser les inquiétudes, le chef du gouvernement a adressé une lettre aux entrepreneurs dans laquelle il promet une« année de stabilité » pour les entreprises françaises. L’exécutif assure notamment que le coût du travail ne sera pas alourdi et que les entreprises de taille intermédiaire resteront à l’écart de cette surtaxe. La porte-parole du gouvernement Maud Bréjon a confirmé cette ligne, soulignant que l’effort demandé ciblera uniquement les plus grands groupes.
Reste la question explosive de l’adoption du texte. Le gouvernement n’a pas encore tranché entre un recours au 49.3 ou des ordonnances pour faire passer le budget. Sébastien Lecornu conditionne sa décision à l’issue des discussions engagées avec le Sénat, en particulier sur le financement des collectivités territoriales, dossier sensible pour la majorité comme pour l’opposition.
À droite, les critiques persistent mais l’hypothèse d’une censure semble s’éloigner. Xavier Bertrand a jugé le budget « raté », tout en appelant les députés de son camp à ne pas bloquer son adoption, estimant qu’un nouveau rejet plongerait le pays dans l’instabilité. À gauche, le Parti socialiste se montre plus conciliant : satisfait des arbitrages rendus, son premier secrétaire Olivier Faure a annoncé que son parti ne censurerait pas le gouvernement, tant que le financement des nouvelles mesures repose bien sur les grandes entreprises et non sur les ménages.


