Budget 2026 : la CGTR dénonce une “impasse sociale” et appelle à la mobilisation

Face aux orientations budgétaires présentées par François Bayrou, la CGTR fustige une politique d’austérité "violente" qui va frapper de plein fouet les Réunionnais. Le syndicat accuse l’exécutif d’abandonner les plus fragiles et prépare déjà la riposte dans l’île.
« Une impasse sociale ». C’est en ces termes que la CGTR réagit aux annonces budgétaires du Premier ministre François Bayrou. Dans un communiqué au ton sans détour, Jacky Balmine, au nom de la confédération, dénonce un plan "brutal et idéologique", bien éloigné selon lui des réalités sociales de La Réunion. "Ce n’est pas un plan d’économies, c’est une attaque frontale contre les droits des travailleuses et des travailleurs", accuse-t-il, en soulignant l’absence totale de mesures pour répondre aux urgences locales : emploi, santé, logement, pouvoir d’achat.
Lire aussi : Bayrou décrète une « année blanche » en 2026 pour stopper l’envolée de la dette
"Entreprises et plus riches épargnés"
La "triple peine" dénoncée dans le communiqué – "travailler plus, gagner moins, perdre des droits" – se traduira dans l’île par une aggravation rapide de la précarité, déjà très marquée. La CGTR rappelle qu’au premier trimestre 2025, pas moins de 437 dossiers de surendettement ont été déposés à l’IEDOM, soit une hausse de 15,9 % en un an. "Et ce n’est que le début si le gouvernement maintient son cap", prévient Jacky Balmine. Le syndicat pointe aussi l’hypocrisie du discours sur le "travail en plus", alors que l’État programme en parallèle la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires et de nouvelles privatisations.
La suppression de deux jours fériés – dont le 8 mai, jour hautement symbolique – est perçue comme une provocation supplémentaire. La CGTR y voit un mépris envers l’histoire, les conquis sociaux et l’équilibre de vie des salariés. "Pendant ce temps, les grandes entreprises et les plus riches sont épargnés, malgré 73 milliards de baisses d’impôts et 211 milliards d’aides publiques distribuées chaque année", rappelle le syndicat.
Mobilisation à la rentrée
L’appel à la mobilisation est désormais lancé. "Rien n’est joué", insiste la CGTR. "Le Premier ministre lui-même admet qu’il ne peut imposer cette cure d’austérité sans résistance. Alors nous appelons l’ensemble du monde du travail réunionnais à se préparer à la riposte dès la rentrée." Pour Jacky Balmine, il s’agit d’un devoir collectif : "Refuser la résignation, refuser que notre jeunesse et nos anciens paient seuls les erreurs d’un gouvernement qui a choisi d’ignorer la détresse des territoires ultramarins."
Sur le plan national, les réactions syndicales sont tout aussi virulentes. Cyril Chabanier, président de la CFTC, déplore une nouvelle fois que "les salariés et les retraités vont payer cet effort budgétaire", quand "l’État, les entreprises et les élus ne font quasiment aucun effort". Même son de cloche à la CGT, où Sophie Binet évoque des annonces "qui nous mènent à la falaise". Elle accuse François Bayrou de "passer à la tronçonneuse nos droits sociaux", en instaurant une "année noire" pour les travailleurs, les jeunes et les retraités. "L’année blanche, c’est tout le monde qui trinque, sauf les plus riches et les grandes entreprises", martèle la numéro un de la CGT. Très choquée par la suppression du 8 mai, elle y voit un signe inquiétant, "alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir".


