BQP 2026 : l’Observatoire réclame un contrôle renforcé et plus de produits locaux

L’OPMR de La Réunion appelle à une refonte ambitieuse du Bouclier qualité-prix, avec davantage de transparence, de produits locaux et de contrôles. Trois études réalisées pour l’Observatoire confirment les attentes et les frustrations des consommateurs.
Réuni le 12 décembre, l’Observatoire des prix, des marges et des revenus de La Réunion (OPMR) a rendu son avis sur la négociation du Bouclier qualité-prix 2026. L’institution, présidée par Bertrand Huby, y fixe dix priorités pour redonner de la crédibilité à un dispositif jugé essentiel mais perfectible. En tête de ses recommandations : la généralisation du panier péï dans toutes les enseignes, un renforcement du suivi par le pôle concurrence de la DEETS et une meilleure visibilité du dispositif en magasin.
L’OPMR alerte sur la chute du nombre de contrôles effectués en 2025 : seulement 24 magasins inspectés, contre plus de soixante les années précédentes. Cette baisse interroge la fiabilité du dispositif, notamment sur l’affichage, la disponibilité des produits ou la cohérence des prix entre rayon et caisse. L’Observatoire demande la mise en place d’un véritable plan de contrôle, comme le prévoit la circulaire gouvernementale du 10 juillet sur la vie chère.
Trois études indépendantes
Trois études indépendantes, commandées cette année par l’OPMR, viennent étayer son diagnostic. La première, réalisée par le cabinet Pigé !, dresse un constat alarmant sur la perception du pouvoir d’achat : six foyers réunionnais sur dix estiment se priver ou ne pas s’en sortir. Le prix reste le premier critère d’achat, loin devant la qualité ou l’origine locale. L’achat de produits BQP progresse légèrement, 71 % des foyers en consomment au moins de manière occasionnelle (+9 points en trois ans), mais le dispositif reste mal identifié. La moitié des répondants ignore le nombre de produits concernés, et la visibilité en rayon est jugée insuffisante.
La seconde étude, menée par le cabinet Echoes, porte sur le déploiement du panier péï, censé promouvoir les fruits et légumes locaux. Résultat : seules trois enseignes sur sept ont effectivement mis en place ce dispositif, soit un tiers des magasins participants. Certaines d’entre elles l’ont même rebaptisé, sans mention du logo BQP. Les prix, compris entre 9 et 14 euros selon les enseignes, restent dans la moyenne, mais la visibilité varie fortement. L’OPMR recommande une uniformisation du nom, un affichage clair du prix total et une mise en avant des économies réalisées pour encourager l’achat de produits locaux.
Une troisième enquête comparative, également réalisée par Echoes, révèle que les prix à La Réunion demeurent en moyenne 13 % plus élevés qu’en métropole pour un panier de 130 produits comparables, et 21 % plus chers pour les seuls produits alimentaires. L’île reste toutefois la moins chère des DROM, devant la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte. Entre 2023 et 2025, l’inflation a oscillé entre 7 et 11 % sur les produits du BQP, une hausse partagée avec la métropole.
Création de sous-paniers
Dans son avis, l’OPMR plaide aussi pour la création de sous-paniers plafonnés par catégories (alimentaire, hygiène, entretien, etc.), le doublement du nombre de produits du BQP bricolage, et la relance d’un BQP auto centré sur les pièces de sécurité. Elle souhaite également un élargissement du dispositif à d’autres secteurs, comme les services bancaires, la parapharmacie ou le numérique.
Enfin, l’Observatoire demande la suppression des marges arrières, jugées sources d’opacité et d’inflation, et salue la décision régionale de baisser l’octroi de mer sur les produits du BQP. Il appelle l’État à faire de même sur la TVA.
Dans un contexte de tensions persistantes sur les prix, l’OPMR souhaite que les discussions sur le BQP 2026 s’inscrivent dans le cadre du décret du 29 juillet 2025, qui impose une meilleure visibilité du dispositif en magasin, la valorisation des produits locaux et une modération des écarts de prix avec la métropole.


