Revenir à la rubrique : Faits divers

Bonbons, pastilles et flocons de neige : Des dealers voisins attendent d'être confrontés

En avril 2023, une intervention sur un cambriolage dans le Sud du département a permis aux gendarmes de démanteler un trafic de cocaïne et de cannabis orchestré probablement par deux voisins qui se sont mutuellement accusés d'en être à la tête. Si l'un deux a retrouvé la liberté, l'autre a été sommé de rester écroué en attendant la fin de l'instruction de cette affaire et un vraisemblable passage devant un tribunal correctionnel.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 2 janvier 2024 à 16H35

Le 14 décembre dernier, Mathias J. voyait sa période de détention provisoire renouvelée pour une durée de quatre mois par le juge des libertés et de la détention de Saint-Pierre. Le 14 avril 2023, appelés par un de ses voisins au sujet d'un cambriolage, les gendarmes avaient été intrigués par son comportement. En perquisitionnant son domicile, les militaires avaient découvert 179 g de cocaïne ainsi que 220 g de cannabis. Placé en garde à vue, le mis en cause avait indiqué qu'il n'était qu'un intermédiaire et que les stupéfiants retrouvés appartenaient à son voisin, un certain Jérémie. Ce dernier lui aurait confié la poudre planche dans une poche opaque et il n'avait pas vu "de quoi il s'agissait." Lors d'une nouvelle perquisition, les enquêteurs avaient cependant retrouvé cinq pochons de cocaïne ainsi qu'une balance et du cannabis.

Exploité, le téléphone portable de Mathias J. avait révélé des messages évocateurs : bonbons, pastilles et autres flocons de neige. Sa compagne avait confirmé le trafic, cause de leur relation de couple très dégradée. Placé en garde à vue à son tour, Jérémie avait indiqué qu'il aidait son "voisin" et le mettant en lien avec de potentiels clients. 132 g de cannabis avaient été retrouvés chez lui.

Mais surtout, une quinzaine de clients et de revendeurs ont été entendus au cours de cette procédure démarrée il y a huit mois. Tous ont confirmé des relations avec Mathias J. "très claires" de dealer à consommateur. Un rapport d'expertise de la téléphonie des deux mis en cause a, par ailleurs, mis en évidence leur correspondance régulière. Des photos de poudre blanche et de billets de banque, un classique chez les dealers, ont conforté les enquêteurs dans leurs soupçons.

Ce mardi, l'avocat de Mathias J., Me Michaël Nativel, a plaidé la remise en liberté de son client au motif que son compère avait été libéré. Un argument balayé d'un revers de robe par l'avocate générale qui a mis un point d'honneur à rappeler le casier judiciaire de son client condamné pour des violences aggravées à une peine de 5 ans de prison dont un avec sursis probatoire, révoqué depuis suite à une autre sanction pour trafic de stupéfiants.

Selon le parquet général, il reste encore dans ce dossier une confrontation entre les deux suspects et il serait peu judicieux qu'ils puissent se concerter avant ce rendez-vous dans le cabinet du juge d'instruction. Un argument parmi d'autres entendus par la chambre de l'instruction, laquelle n'a pas fait droit à la demande de remise en liberté de Mathias J.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :