Bilan de la saison des pluies 2024-2025 à La Réunion : la plus chaude depuis 50 ans

Avec une anomalie de température atteignant +1,5°C pour les maximales et un déficit pluviométrique de 28%, la saison des pluies 2024-2025 à La Réunion est la plus chaude et l'une des plus sèches depuis cinq décennies. Retour sur un épisode climatique extrême.
La saison des pluies 2024-2025 à La Réunion restera dans les annales comme la plus chaude jamais enregistrée depuis plus de 50 ans. Cette saison a débuté par une période de sécheresse exceptionnelle, marquée par des déficits pluviométriques sans précédent, avant d'être ponctuée par le passage du cyclone Garance.
Traditionnellement, les premières pluies arrivent en décembre, mais cette année, les mois de décembre, janvier et début février ont été particulièrement secs. Les déficits de précipitations atteignent -76% pour décembre et -75% pour janvier, ce dernier mois devenant ainsi le plus sec de ces cinq dernières décennies.
Les effets de cette sécheresse se sont révélés dramatiques, notamment dans des secteurs comme Saint-Joseph (12 mm pour une normale de 280 mm) et Pierrefonds (4 mm pour une normale de 150 mm). À Salazie, seulement 83 mm ont été relevés en deux mois, contre une normale de 1000 mm. Cette sécheresse s’est accompagnée d’un ensoleillement exceptionnel, avec par exemple un excédent de 20% d’ensoleillement à Gillot-aéroport en janvier.
Des températures sans précédent
Sur l'ensemble de l'île, les températures ont atteint des niveaux records. Les relevés indiquent une anomalie de +1.5°C pour les températures maximales, +1.1°C pour les minimales et +1.3°C pour les moyennes. Janvier a été le deuxième mois de janvier le plus chaud depuis le début des mesures, tandis que février s’est hissé au premier rang des mois de février les plus chauds, avec une anomalie de +1.7°C.



Le passage du cyclone Garance : un épisode intense mais bref
Le cyclone Garance a marqué la fin du mois de février. Traversant l'île le 28 février, il a généré des précipitations intenses, notamment sur le Nord, l'Ouest et les Hauts. Plus de 500 mm ont été relevés dans l'intérieur de l'île, avec des pointes à 200 mm sur le littoral Nord et Nord-Ouest.
Bien que les pluies aient provoqué des crues et des dégâts, leur cumul total est resté modéré comparé à d'autres cyclones historiques, tels que Dina en 2002 ou Belal en 2024. Toutefois, Garance a permis de terminer le mois de février avec un excédent pluviométrique de 23%, sans toutefois compenser les importants déficits des mois précédents.
Une fin de saison toujours chaude et peu arrosée
Après le passage de Garance, les pluies se sont raréfiées en mars et avril, bien que quelques épisodes intenses aient été observés, comme dans le Sud les 17 et 18 mars ou dans l'Est le 29 avril. Malgré ces quelques averses, mars a affiché un déficit pluviométrique de 7% et avril de 30%.
Les températures sont restées exceptionnellement élevées, avec une anomalie de +1.4°C pour mars et +1.7°C pour avril, plaçant ces deux mois parmi les plus chauds depuis 70 ans.
Des impacts significatifs pour l'île
La combinaison d'une sécheresse historique, d'une chaleur record et de précipitations irrégulières soulève des inquiétudes quant aux répercussions sur l’agriculture et les ressources en eau. Les conséquences de cette saison atypique témoignent des défis liés au changement climatique, auxquels La Réunion doit faire face.
Pour plus d’informations sur le cyclone Garance, consultez notre article dédié.


