Bejisa, Freedom, EDF : l’exploit !

On pourrait aussi écrire « EDF-FREEDOM vs. BEJISA : après le chaos, le K.O. ! » Oui, je sais, elle est saumâtre.
Je déteste le nombrilisme mais il n’empêche que la performance réalisée par la radio la plus décriée de France et un organisme semi-public, pendant et après un météore qui se pose un peu là, est sans précédent.
L’exploit laisse pantois : en une semaine, malgré les difficultés dues au relief, 185 000 foyers privés d’électricité se retrouvent éclairés. Il reste bien sûr des « poches de résistance » car les imprévus, ça existe.
Je n’ai, personnellement, jamais entendu parler d’une radio privée associant sa réputation à celle d’un service public pour que l’ensemble des citoyens d’un territoire retrouve son bien-être.
Dès les premières coupures, Freedom a ouvert ses antennes à toutes les personnes en difficulté, isolées, au bout du monde. Jouant un jeu peu habituel, elle a laissé une ligne spéciale à la disposition de tous les gens en difficulté, avec la complicité active d’EDF Réunion. L’affaire était pourtant loin d’être simple.
Si les techniciens d’EDF sont capés, qualifiés, consciencieux, soucieux de leur mission de service public, ils se heurtaient à une double difficulté : 1) restaurer les axes principaux de distribution du jus ; 2) traiter les cas particuliers. C’est là que la collaboration entre EDF et radio-Sudre prend tout son relief.
Un contact direct entre les deux organismes est mis en service…
« Allo ! Freedom ? Ben toute mon bande voisins néna courant et moin, moin lé dan’ fénoir ! » Connexion quasi directe entre le 99-11-00 et le 300-974. Ce qui donne, une demi-heure plus tard :
« Allo ! Freedom ? Ben zot lé gabié vouiiiii ! Courant i vient ar’ rentre dans la case ! »
Freedom gabié, mais EFF aussi. Des appels de ce tonneau, il y en eut des milliers. Ce qui fait dire, et d’une, que Freedom est bien un service public ; et de deux, que EDF réagit plus vite que Lucky Luke.
Le relais, la formidable courroie de transmission que représente Freedom n’était efficace que si EDF jouait le jeu ; ce qui a été le cas, et on ne sait lequel des deux il faut remercier le plus chaleureusement.
Les animateurs de Freedom se sont relayés jour et nuit ; les responsables et techniciens d’EDF se sont surpassés.
« Au lieu ou sa bataille, allons donne la main ». Slogan cher aux politiques qui ne l’appliquent jamais. Mais que des serviteurs du public, de vrais serviteurs, ont mis en pratique sans qu’on le leur demande.
J’ai vu aux infos la tête du directeur d’EDF. L’avait l’air bien fatigué, le bougre. Fatigué mais pas usé. Je suppose qu’il en va de même pour tous ses personnels et pour nos animateurs, des « fâneurs d’ merde » disent les grincheux.
Les équipes venues en renfort de métropole ne doivent pas être oubliées. Qu’il s’agisse des électriciens ou des spécialistes militaires de la sécurité civile, réagissant au quart de tour, ils ont fait un boulot formidable.
Le directeur d’EDF mérite une promotion. J’espère qu’il ne l’aura jamais ! (Des gars comme ça, on se les garde). Quant à nos animateurs de Freedom… à bientôt les frangins et les frangines. Parole d’emmerdeur.
Jules Bénard


