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Chute du Gouvernement Bayrou : les réactions à La Réunion

Ecrit par N.P. – le lundi 8 septembre 2025 à 21H44

La déclaration de politique générale de François Bayrou n'a pas été approuvée par l'Assemblée nationale, il doit donc démissionner. Les acteurs politiques réunionnais s'expriment suite à la chute du gouvernement.

François Bayrou va remettre sa démission à Emmanuel Macron ce mardi. Sa déclaration de politique générale axée sur un budget d'austérité a été rejetée par l'Assemblée nationale (364 votes contre, 194 votes pour). Les différents partis politiques appellent pour certains à la dissolution, d'autres à la destitution d'Emmanuel Macron ou encore à une cohabitation.

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Pour le mouvement Nouvel'R, Cyrille Melchior appelle à la responsabilité et à l’unité : "Nous souhaitons que le président de la République convoque, sans délai, l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales de la Nation afin de désigner un Premier ministre de rassemblement."

Huguette Bello, présidente du PLR, se félicite du départ de François Bayrou qu'elle qualifie de simple "exécutant de la ligne inégalitaire imposée par Emmanuel Macron." Elle appelle à "ouvrir une nouvelle page et bâtir une politique juste, équitable et réellement démocratique." Pour Huguette Bello, cela passera par les actions de mobilisation prévues le 10 septembre.

La Fédération réunionnaise du Parti socialiste évoque la possibilité de voir la gauche au pouvoir : "Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités à Matignon. La cohabitation doit être sociale et écologiste."

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La sénatrice Audrey Bélim, prend acte du revers de François Bayrou et appelle Emmanuel Macron à la cohabitation : "Il est temps que le président de la République nomme un gouvernement issu de la 1ère force politique arrivée en tête lors des dernières élections législatives, un gouvernement de gauche." Un sentiment partagé par Olivier Hoarau, président d'Ansanm, pour qui le chef de l'Etat n'a qu'une option possible : "Nommer un 1er Ministre qui rassemble toutes les forces de gauches."

De son côté, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, appelle à une mobilisation massive les 10 et 18 septembre pour bâtir "une nouvelle politique au service des Réunionnais et Réunionnais."

Le mouvement Citoyen Engagés, mené par Erick Fontaine, pointe du doigt les partis politiques qui ont appelé à "faire barrage" contre Emmanuel Macron lors des dernières présidentielles et appelle aujourd'hui le président de la République à "nommer sans délai un gouvernement élargi, pluraliste et engagé pour l’intérêt général."

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Les "groupes d'action" LFI de Saint-Paul saluent la chute de François Bayrou comme une victoire démocratique et appellent Emmanuel Macron à démissionner. Enfin, ils invitent la population à poursuivre la mobilisation citoyenne pour défendre la justice et la démocratie. "Le 10 septembre, nous serons dans la rue, dans les débats, dans les assemblées citoyennes. Nous sommes le nombre, nous sommes la voix, nous sommes le mouvement", écrit Denise Delavanne, conseillère municipale de Saint-Paul.

De son côté, Vincent Defaud, référent outre-mer et Réunion de Génération Ecologie et chef de file de L'Étang-Salé Solidaire et Écologique, souligne que le départ de François Bayrou exprime clairement l’exigence d’un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire, conformément au choix des électeurs des législatives de 2024. Cette nouvelle gouvernance politique s’inscrira selon lui dans une dynamique nationale de promotion d'une orientation sociale, solidaire et écologique des politiques publiques.

Christophe Estève, co-référent outre-mer de Place publique, estime pour sa part que la chute du gouvernement Bayrou, bien que prévisible, révèle surtout la gravité de la crise politique et l’instabilité qui fragilise services publics, économie et société. Il appelle Emmanuel Macron à favoriser rapidement la formation d’un gouvernement de compromis pour éviter que l’extrême droite ne profite de la colère et redonner à la France un cap démocratique, juste et solidaire.

Olivier Hoarau, qui s'exprime en tant que président de Mouvement Ansanm, souligne quant à lui que le rejet du gouvernement Bayrou, deuxième exécutif de droite renversé en moins de neuf mois, traduit une crise politique inédite. Il appelle Emmanuel Macron à nommer un Premier ministre issu de la gauche afin de répondre aux attentes de justice sociale, de solidarité et de respect de la voix du peuple. "La finance ne peut pas être la seule réponse pour relever les défis qui s’imposent à nous. La France et les Réunionnais, plus particulièrement, veulent une feuille de route qui remette la justice sociale et la solidarité fraternelle au cœur de la politique nationale", partage-t-il.

Enfin, Joël Personné et Jean Eudes Dallou, co-reférents de Place publique Réunion, dénoncent l’échec d’un gouvernement sourd au dialogue et qui a tenté d'imposer un budget injuste. Ils appellent à un nouveau cap fondé sur le compromis, la justice sociale et un véritable débat démocratique, faute de quoi une dissolution et de nouvelles élections devront avoir lieu. "Ce n’est pas une économie de 44 milliards maintenant qui fera tenir le pays : c’est un projet réaliste, sérieux et juste, construit sur un contrat social renouvelé qui garantit solidarité nationale et transition écologique", écrivent-ils.

Eddie Richard, secrétaire général de l’URD (Union pour La Réunion de demain) et candidat aux municipales 2026 à Sainte-Suzanne, dénonce l’instabilité politique nationale et l’inefficacité des gouvernements successifs face aux réalités des Réunionnais, qui continuent de subir la vie chère, le manque de logements et l’absence de perspectives pour les jeunes. Il appelle à un projet spécifique pour La Réunion et réaffirme son engagement à Sainte-Suzanne pour construire une île plus solidaire, juste et digne.

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