Revenir à la rubrique : Politique | Société

Baisse des contrats PEC : le cri d'alarme des maires de La Réunion

Ecrit par N.P. – le mardi 4 février 2025 à 11H48

De 12.000 à 7.000 : la chute du nombre de contrats PEC inquiète les maires réunionnais. Dans un courrier au gouvernement, Serge Hoareau alerte sur les conséquences d’une telle baisse, qui pourrait déstabiliser les collectivités et fragiliser encore plus l’économie locale.

Le président de l’Association des maires de La Réunion (AMDR), Serge Hoareau, a adressé un courrier au Premier ministre François Bayrou, au ministre des Outre-Mer Manuel Valls et à la ministre du Travail Catherine Vautrin pour exprimer l’inquiétude des élus réunionnais face à la réduction drastique des Parcours Emplois Compétences (PEC) sur l’île.

Une diminution brutale des PEC

L’arrêté préfectoral n°2813 du 31 décembre 2024 modifie significativement les conditions des PEC. Le taux de prise en charge par l’État est revu à la baisse, passant de 60 % à 53 %, tandis que la durée des contrats est réduite de 11 à 10 mois. Par ailleurs, le nombre d’heures hebdomadaires de travail diminue de 25 à 23,5 heures. Des décisions prises "de manière aussi brutale qu’unilatérale", selon Serge Hoareau.

Face à ces changements, les maires réunionnais se sont réunis le 22 janvier pour évaluer les conséquences financières et organisationnelles de cette réforme. Les PEC jouent un rôle clé dans les collectivités, notamment dans les écoles communales, la restauration scolaire ou encore la lutte contre la prolifération des maladies vectorielles comme la dengue et le chikungunya. Leur diminution risque d’impacter directement la qualité des services publics.

Un risque économique et social majeur

Les élus dénoncent une contradiction avec les engagements pris par Emmanuel Macron lors de son déplacement à La Réunion en 2019. À cette époque, le Plan PETREL garantissait un volume de 12.000 PEC par an pour l’île. Or, les projections budgétaires pour 2025 ramènent ce chiffre à seulement 7.000, soit une baisse de plus de 40 %.

Dans un contexte où 36 % des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, cette réduction inquiète fortement les élus locaux. "Les PEC sont un amortisseur social indispensable. Ils permettent à des personnes en situation de précarité de rester en activité et de subvenir aux besoins de leurs familles", rappelle Serge Hoareau.

Alors que l’économie réunionnaise subit un ralentissement, notamment dans le secteur du BTP, les maires alertent sur les conséquences de cette baisse. "Le contexte est déjà tendu et serait encore plus fragilisé par cette diminution", prévient Serge Hoareau, demandant au gouvernement de revoir sa position pour préserver ces emplois. "Nous devons faire face à une hausse des effectifs scolaires avec l'accueil d’enfants mahorais déplacés après le cyclone Chido. Comment peut-on prévoir moins de personnels pour encadrer plus d’élèves ?", s'interroge par ailleurs le président de l'AMDR.

Un appel au gouvernement

Face à ces enjeux, l'association des maires demande au gouvernement de revenir sur sa décision et de respecter les engagements pris par l’État en maintenant un volume de 12.000 PEC pour La Réunion. Les maires réclament également que la contribution de l’État reste fixée à 60 %, que la durée des contrats demeure à 11 mois et que le nombre d’heures de travail hebdomadaire ne soit pas revu à la baisse.

À ce stade, aucune réponse n’a encore été apportée par Matignon ni par les ministères concernés, mais les élus locaux entendent poursuivre leur mobilisation pour obtenir le maintien de ces contrats jugés indispensables à l’équilibre social et économique du territoire.

Etiquettes : AMDR | PEC | Serge Hoareau

Dans la même rubrique

0💬
Tri :