Aux assises, le procès du ti-père condamné pour la mort de Gabriel 3 ans : "Je vais devoir vivre sans lui"

"La mort d’un enfant, c’est une parcelle d’avenir qui s’éteint. Ce procès est aussi l’échec du monde des adultes, personne n’a été à la hauteur pour protéger cet enfant". C'est sur ces mots que l'avocat général a débuté ses réquisitions. Pour Antoine Tur qui estime que l'accusé n'a pas reconnu les faits, même pas à demi-mot, sa culpabilité ne fait aucun doute dans le décès du garçonnet. Haymerick Gonfo, un enfant maltraité dans son enfance, frappé par ses parents, a encodé ces méthodes et les a reproduites pensant que cela faisait partie de l'éducation d'un enfant. La fratrie dont ils s'occupait souvent en l'absence de la mère avec qui il avait entamé une relation conjugale depuis quatre mois le "dépassait". Killian, 9 ans, Lorenzo, 6 ans et Gabriel, 3 ans "ravageaient" et le vingtenaire, qui a indiqué "je faisais tout dans cette maison", était à bout de nerfs.
"M. Gonfo, il frappe fort, il blesse avec des objets sous prétexte de punir, il humilie, il maltraite. Il ligote", décrit le représentant de la société. Jusqu'à ce funeste 1er juillet 2021 où, en quelques heures, l'enfant reçoit des coups de balai et des coups de ceinture parce qu'il a renversé son lait ou recraché un bouchon trop chaud. Plus tard dans la soirée, le manche à balai sera de nouveau utilisé pour donner des coups car Gabriel, qui fait l'apprentissage de la propreté, a uriné au sol. Haymerick Gonfo indique qu'il a frappé sur les mollets de l'enfant. Mais la version de Killian présent à ce moment-là, corroborée par les constations du médecin légiste, laisse à penser que l'accusé a frappé le dos de l'enfant et le bas de la nuque. Le coup porté avec violence a entrainé une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale provoquant à terme le décès du malheureux.
La thèse d'une chute qu'aurait fait Gabriel en l'absence de son ti-père descendu faire une course semble peu crédible. "Le corps de l’enfant de 13 kilos est couvert de blessures. Il a été roué de coups par un adulte de 90 kilos. Il s’est acharné sur ce petit être humain qui ne pouvait pas se défendre", fustige le parquet général. Antione Tur requiert 28 ans de réclusion criminelle ainsi qu'une interdiction d'exercer une profession avec des mineurs pendant 10 ans.
En défense, Me Julien Baracco a enjoint la cour de prendre en compte l'enfance de son client et tenté de plaider en faveur d'une peine moins sévère "pour des actes abjects mais il faut comprendre comment il en est arrivé là. Il y a une enfance, une situation, un contexte". En toute fin d'audience, Haymerick Gonfo a reconnu "ses torts" et indiqué qu'i regrettait tout ce qu'il avait fait. "C’était un enfant. J’avais pas le droit de réagir de cette manière mais vouloir le tuer non. J’ai utilisé cette méthode, j’ai été méchant, violent mais je suis déjà condamné car je vais devoir vivre sans Gabriel. J’ai minimisé les choses, j’ai été négligeant mais je n’ai pas voulu le tuer", a conclu l'accusé condamné à 20 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers.


