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Autosuffisance alimentaire : La Nouvelle-Calédonie veut s'inspirer de La Réunion

Une délégation calédonienne séjourne à La Réunion afin d'étudier le modèle agro-alimentaire de notre île.
Ecrit par Thierry Lauret – le mardi 17 octobre 2023 à 16H31
La délégation calédonienne qui séjourne actuellement dans l'île.

« L'objectif c'est de nourrir les Calédoniens de façon pérenne, d'améliorer notre diversité d'offres et de baisser les prix. On vient à La Réunion avec l'esprit très ouvert ». Philippe Blaise, le 1er vice-président de la province Sud, la plus importante des trois collectivités de la Nouvelle-Calédonie avec ses 203.144 habitants, n'est pas venu chez nous « pour faire du copier-coller ». Mais il assure que La Réunion est une réelle source d'inspiration et d'émerveillement pour lui et la délégation (Chambre de commerce, Chambre d'agriculture et acteurs économiques) qui l'accompagne.

« Les relations sont anciennes entre La Réunion et la Nouvelle-Calédonie. Au 19e siècle déjà, des familles réunionnaises sont venues pour la canne à sucre. Nous mangeons des achards, du riz, nous avons beaucoup de points communs avec La Réunion », souligne Jean-Paul Cabanas, le conseiller spécial du président.

« Agriculture durable et raisonnée »

La délégation effectue jusqu'au 22 octobre une « mission exploratoire agro-alimentaire » visant à s'inspirer du projet d'autosuffisance alimentaire engagé sur notre territoire « dans le cadre d'une agriculture durable et raisonnée ». Dans cette île au statut unique en France, produire localement de quoi se nourrir en privilégiant les circuits courts constitue un modèle de développement incontournable pour réduire un coût de la vie exorbitant, qui a fait frémir le conseiller départemental Jean-François Nativel lorsqu'il y a été confronté.

« Je suis tombé amoureux de ce territoire, c'était la première fois que j'y allais. Il y a énormément d'espace, c'est un endroit qui donne l'impression qu'il y a tout à faire. Les barquettes en Nouvelle-Calédonie sont à 12 euros, vous ne trouverez pas moins cher. Le coût de la vie est très élevé et les salaires ne suivent pas forcément », constate Jean-François Nativel, présent ce matin lors d'un point presse organisé dans les locaux du Département.

Questionné sur les atouts et faiblesses de l'agriculture calédonienne, la délégation résume ainsi la situation : faute d'outils de transformation performants et en raison d'interprofessions encore peu développées, les produits de la culture et de l'élevage sont le plus souvent restreints ou uniquement disponibles aux périodes saisonnières.

« On a de l'espace, c'est une chance extraordinaire, mais on a un déficit en matière d'irrigation que l'on doit combler. On est très bons sur l'élevage bovin, on a fait des recherches sur des espèces adaptées aux climats tropicaux. On a aussi fait des recherches sur le riz qui pourraient vous intéresser », complète Philippe Blaise. L'île dispose par ailleurs d'une filière porc qui produit 100% de la consommation de la population et ambitionne de diversifier et de structurer sa production de céréales.

Etiquettes : Agriculture

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