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Automobile : Le marché à la peine, la part de l'électrique recule encore à La Réunion

Les derniers chiffres des ventes de véhicules à La Réunion inquiètent les concessionnaires locaux. Le marché de l'automobile continue de plonger avec une baisse de 10 %, et les projections réalisées par le Syndicat de l'Importation et du Commerce de La Réunion (SICR) estiment que l'année se conclura avec un peu moins de 21 400 véhicules vendus. Du jamais vu. Plus alarmant encore, selon les professionnels du secteur, la part de l'électrique continue de reculer.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 4 septembre 2024 à 06H29

« Fin août, nous étions à 14 231 véhicules immatriculés, soit une estimation de 21 400 voitures vendues d'ici la fin de l'année. En consultant nos archives, nous n'avons jamais enregistré de tels chiffres, même pendant l'année de la pandémie. Le marché est fragile. Les nouveaux indicateurs montrent que la situation ne s'améliore pas », déclare Philippe-Alexandre Rebboah, président du SICR. Pour le syndicat, voir le marché chuter à ce niveau pourrait avoir à terme un impact sur l'emploi. « Nous avons de grosses inquiétudes. La machine est grippée, comment inciter les consommateurs à acheter ? »

Le tableau économique du secteur est plutôt sombre et reflète la conjoncture actuelle. Certes, les chiffres doivent être « tempérés » entre juillet et août. À la lecture des données, les ventes de voitures pour particuliers ont chuté de 15 %. Mais il y a une explication. « En juillet, les concessionnaires ont massivement immatriculé des voitures pour se conformer au GSR 2 (nouvelles règles de sécurité pour les véhicules en vigueur depuis juillet, NDLR). Le marché est en réalité en baisse de 10 % par rapport à l'année précédente », poursuit-il.

 

La première baisse de l'électrique depuis 2018 ?

 

Plus inquiétant, selon les professionnels, la part des ventes de véhicules électriques continue de diminuer. En termes de projections et en s'appuyant sur les données arrêtées au mois d'août, le nombre total de voitures électriques vendues en 2024 pourrait à peine atteindre les 3 000 unités, « une baisse pour la première fois depuis 2018 », indique Philippe-Alexandre Rebboah.

Plusieurs freins sont identifiés : le changement du bonus-malus, les futures taxations sur les véhicules produits en Chine, le manque de bornes de recharge pour le grand public et en habitat collectif. L'inquiétude est d'autant plus grande que la Région vient d'émettre un avis défavorable sur le Schéma Directeur des Installations publiques de Recharge pour les Véhicules Électriques (SDIRVE) élaboré par le Sidelec. « C'est la douche froide... Il était prévu de déployer 1 700 bornes au plus tard en 2025 », rappelle-t-il.

 

La Région tacle le schéma de déploiement des bornes de recharge électrique à La Réunion

 

"Absence de bornes de recharge dans les habitats collectifs"

 

« Il faut aussi se poser la question de l'absence de bornes de recharge dans les habitats collectifs. » Un mauvais point pour le SICR, qui rappelle que l'État prévoit — normalement — de relancer le leasing social pour les véhicules électriques. « Nous espérons ne pas être oubliés. Si nous voulons que les Réunionnais puissent en bénéficier, il faut sérieusement envisager la possibilité de recharger partout », prévient le président du SICR.

Seule « bonne nouvelle » sur ce segment, les ventes sur le marché premium sont pour la première fois majoritairement composées de véhicules 100 % électriques. « Nous sommes à un tournant. Les véhicules électriques surpassent désormais les véhicules thermiques », assure Philippe-Alexandre Rebboah, par ailleurs directeur général de Leal, en charge de distribuer la marque BMW à La Réunion. Il faut dire aussi que la clientèle aisée, capable d'acheter ce type de voiture, se détourne des modèles thermiques — trop fortement taxés — pour des modèles électriques qui offrent des avantages fiscaux.

Le SICR appelle une nouvelle fois le futur gouvernement à revoir sa politique de taxation sur les véhicules, surtout dans un contexte d'incertitudes lié au prochain projet de loi de finances, jugé pour le moment peu « transparent ».

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