Au Piton de la Fournaise, un nouveau bras de coulée a franchi le cassé des Grandes Pentes

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit sur le flanc sud-sud-est de l’édifice. Si un seul site éruptif reste actif, un nouveau bras de coulée a franchi le cassé des Grandes Pentes ces dernières heures.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du Piton de la Fournaise. Les fontaines de lave demeurent visibles depuis le Piton de Bert et un cône volcanique continue de se former sur place.
Selon l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), "un cône est en cours d’édification par l’accumulation progressive des projections de lave". Désormais, "il est fermé latéralement", ce qui cause "une importante activité en tunnel de lave établie en aval du cône". L’activité se concentre principalement entre le site éruptif et le cassé des Grandes Pentes, où "le champ de lave s’élargit et s’épaissit".
C’est dans cette zone qu’une évolution a été observée ces dernières heures. Hier soir, mardi 3 mars, "un nouveau bras de coulée (un peu plus au sud que la branche de coulée figée dans les Grandes Pentes) a franchi le cassé des Grandes Pentes et était visible dans la partie haute des Grandes Pentes". Ce matin toutefois, "ce bras de coulée était beaucoup moins actif", indique l'OVPF dans son billetin du jour.
Dans ce secteur, la progression de la lave reste limitée. "Dans les Grandes Pentes, le front de la coulée de lave reste figé à environ 2,6 km de la route nationale 2 et à une altitude de 660 m"
Une activité volcanique modérée
Du côté des paramètres de surveillance, "l’activité sismique reste faible". Le trémor éruptif, qui traduit l’émission de lave et de gaz en surface, "reste relativement stable et de faible amplitude".
Les scientifiques notent toutefois "une augmentation progressive de l’amplitude du trémor depuis le 21/02 avec des petites variations". Des pics ponctuels sont également enregistrés, "probablement liés aux variations de dégazage ou aux évolutions morphologiques du cône éruptif".
Les instruments montrent également une légère évolution du volcan. "Les données du réseau GNSS suggèrent une légère inflation de l’édifice". Cette évolution pourrait traduire "une faible remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel".
Pour l’heure, "la probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste faible à court terme". Mais les volcanologues rappellent que, par le passé, des fissures ont pu s’ouvrir "sans signaux avant-coureurs", la propagation du magma pouvant se produire "de manière asismique notamment lorsque le magma est déjà dégazé".


