Assurance-chômage : six ans de réformes et un nouveau tour de vis en vue

Depuis 2019, quatre réformes ont durci l’accès et réduit le montant des allocations chômage. Le gouvernement Bayrou prépare une cinquième étape dès la rentrée, avec jusqu’à 2,5 milliards d’euros d’économies annuelles visées à partir de 2026.
L’assurance-chômage s’apprête à connaître un nouveau coup de rabot. Vendredi 8 août, le Premier ministre François Bayrou a adressé aux partenaires sociaux une lettre de cadrage leur demandant de revoir, d’ici au 15 novembre, les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi afin de réaliser entre 2 et 2,5 milliards d’euros d’économies par an à partir de 2026, et 4 milliards à l’horizon 2030.
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Parmi les pistes évoquées : un allongement de la durée minimale de cotisation, un durcissement pour les ruptures conventionnelles et un effort accru pour le retour à l’emploi des seniors. En cas d’échec des discussions, le gouvernement pourrait imposer ses mesures par décret, ce qui suscite déjà l’opposition de la CGT et de la CFDT. Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’un durcissement engagé depuis 2019 sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Première réforme en 2019
Première étape en juillet 2019 : le décret du gouvernement Philippe allonge la durée minimale de cotisation de quatre à six mois sur deux ans (trois ans pour les plus de 53 ans) et instaure une dégressivité des allocations pour les mieux indemnisés dès le septième mois. Les salariés démissionnaires et les indépendants deviennent éligibles sous conditions strictes. Conséquence : une baisse de 18 % du montant moyen des allocations et une reprise d’emplois souvent courts.
En 2021, c’est le mode de calcul du salaire journalier de référence qui est modifié : il est désormais établi sur les vingt-quatre derniers mois, et non plus douze, divisé par le nombre de jours calendaires. Les personnes aux parcours discontinus voient mécaniquement leurs indemnités diminuer, même si la durée des droits est allongée de onze à quatorze mois.
Nouveau tour de vis en 2023
Février 2023 marque un nouveau tour de vis : la durée d’indemnisation est réduite de 25 % lorsque la situation de l’emploi est jugée favorable, avec un plancher à six mois. La modulation dépend du taux de chômage national et s’accompagne de suppressions de droits en cas d’abandon de poste ou de refus répétés de CDI après un CDD.
Enfin, en avril 2025, la réforme issue des discussions de 2024 introduit un calcul mensuel fixe sur 30 jours, ce qui retire cinq à six jours d’indemnisation par an. Les bornes d’âge donnant accès à une indemnisation prolongée sont repoussées de deux ans, tandis que quelques assouplissements sont accordés aux saisonniers et aux anciens détenus salariés.
Avec cette cinquième réforme annoncée, l’exécutif entend accentuer une trajectoire déjà marquée par un net durcissement des droits, au nom de la maîtrise des dépenses et de l’incitation au retour à l’emploi.


