Arrêtons les dégâts!

On sait que dès la rentrée prochaine, le gouvernement va porter un nouveau coup à la retraite en l’allongeant de deux années supplémentaires. Pour ce faire, il argumentera sur le fait que puisque l’espérance de vie augmente, il faudra travailler plus longtemps ! D’abord il faut savoir que c’est faux ! en 2012 l’espérance de vie des français a diminué et cela va être de même pour les années à venir avec les conséquences néfastes des politiques de rigueur et de récession menées par la Droite et la Gauche même si cette dernière s’en défende.
Le problème aujourd’hui est qu’il ne s’agit pas seulement d’un effort supplémentaire demandé aux travailleurs mais c’est l’ensemble de la protection sociale (retraites, santé, assurance maladie, politique familiale, accidents du travail, maladies professionnelles, perte d’autonomie, assurance chômage, politiques d’assistance etc.…) qui est concernée ! C’est aussi la préoccupation majeure de tous nos concitoyens ! Il faut savoir que lorsque nos gouvernements parlent de réformes nécessaires cela signifie la casse des salaires, des services publics et de la sécu. Or, les libéraux de droite et de gauche osent nous dire qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité, à l’étatisation et à la privatisation ! Ce triptyque leur permette de développer une gigantesque offensive néolibérale qui a déjà fait tant de mal aux populations! Le pire c’est qu’ils font semblant de s’inquiéter de la montée du Front National alors qu’ils font tout pour jeter leurs électeurs dans les bras de Marine LEPEN. À vrai dire ils s’en fichent puisqu’ils pensent que même si cette dernière fait un excellent score aux présidentielles et qu’elle soit présente au second tour, elle ne pourra jamais l’emporter puisque l’UMP-PS feront bloc pour que l’alternance au pouvoir ne se fasse qu’entre-eux.
Cependant, nous connaissons tous le proverbe : « Tant va la cruche à l’eau, elle finit par se casser » Il faut donc impérativement changer de Politique car ce qui est en cause aujourd’hui n’est pas qu’une simple politique de rigueur mais il s’agit d’une croissance exponentielle des inégalités qui devienne de plus en plus insupportable !!! Or, le gouvernement, sous prétexte de crise économique, enfonce le clou. Le 11 janvier 2013 il applaudit l’accord régressif interprofessionnel repoussé par la majorité des salariés ; le 15 janvier il applaudit via CAHUZAC une proposition du MEDEF de désindexer les retraites complémentaires sur le coût de la vie entrainant mécaniquement une perte du pouvoir d’achat de 1 à 1.5% par an et le 10 mars c’est Touraine qui monte au créneau pour dire que la lutte contre les déficits va faire baisser les acquis sociaux !
Le CNR (Conseil National de la Résistance) avait sanctuarisé la sécurité sociale et c’est ce gouvernement prétendu « socialiste » qui accélère la future privatisation de ce secteur ! Déjà la France est championne d’Europe pour ses 23% des lits hospitaliers à but lucratif pour les actionnaires ; elle est également dans le peloton de tête pour la privatisation des maisons de retraites, ce qui permet aux sociétés d’assurance de se frotter les mains car avec le recul des pensions de retraites ils vont pouvoir proposer aux plus aisés une croissance de la capitalisation qui ne fera que croître d’autant la spéculation financière internationale.
Les pensions ont perdu 20% de leur valeur depuis vingt ans ! Or, le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) a calculé que la perte d’ici 2020 sera de 8% de plus. Quand on sait que le but du néolibéralisme est de transformer tous les régimes de base des retraites en régimes à points où la « neutralité actuarielle » fera baisser les pensions automatiquement sans négociation des partenaires sociaux, cela aura pour conséquence d’augmenter indéfiniment la part de capitalisation qui ne fera que grandir les inégalités sociales de retraites !
Nous voyons bien que les lois du capitalisme en crise obligent la gauche à gérer des contraintes sur lesquelles elle n’a aucun pouvoir et prouve que nous sommes bien dans une intensification de la lutte des classes au profit de l’oligarchie qui a intérêt à ce que cette situation perdure.
Alors de deux choses, l’une : soit nous (syndicats, associations, militants, citoyens éclairés et conscients, toutes les forces vives) sommes capables de nous unir, de nous mobiliser, de nous battre pour construire une vraie république sociale, seule apte à terrasser ces politiques néfastes du néolibéralisme à l’œuvre depuis des années, soit nous continuons passivement à subir ces politiques d’austérité sans fins jusqu’à en crever tout en sachant que les mécontentements provoqués risquent de profiter à la droite et à l’extrême droite comme nous l’avons vu lors des élections partielles de mars dernier dans l’hexagone.
C’est pourquoi j’en appelle à tous pour un sursaut citoyen vers de grandes mobilisations le plus rapidement possible pendant qu’il est encore temps. Il y va de notre salut à tous …
Pour AC-réunion, le président : Jean-Pierre TECHER.


